Début janvier, plusieurs informations de presse ont révélé que Nike aurait cédé discrètement sa filiale RTFKT, spécialiste des sneakers virtuels et des NFT. L’opération serait intervenue en décembre 2025, avec une prise d’effet au 16 décembre 2025, sans divulgation du prix ni de l’acquéreur. Au-delà du symbole, ce désengagement soulève une question centrale pour la crypto-finance : que devient la marque quand un géant du sport coupe le lien avec une collection NFT ?
Un retrait (presque) silencieux, après une stratégie Web3 très ambitieuse
RTFKT avait été racheté en décembre 2021 pour accélérer la transformation numérique de Nike et développer des objets de collection à l’intersection du sport, du jeu vidéo et de la culture. À l’époque, l’écosystème carburait : une collaboration de RTFKT sur des sneakers virtuels avait généré 3,1 millions de dollars en quelques minutes, preuve qu’un marché secondaire « à la manière du resale » pouvait exister aussi sur Ethereum.
According to OregonLive, Nike quietly sold its digital products subsidiary RTFKT in December 2025, which it had acquired in 2021. RTFKT previously announced it would end its Web3 services in January 2025. Nike’s Converse brand reported a 30% drop in quarterly sales in December…
— Wu Blockchain (@WuBlockchain) January 7, 2026
Mais la trajectoire s’est inversée. Fin 2024, RTFKT annonce une extinction progressive de ses activités, avec une fin de service prévue fin janvier 2025. Dans l’intervalle, Nike indique qu’il met en pause la production de NFT tout en conservant des partenariats « plus légers » avec des acteurs du jeu vidéo, une façon de rester présent dans le virtuel sans porter seul le risque opérationnel.
Selon les informations publiées début janvier, la cession intervenue en décembre 2025 acterait donc la fin d’un cycle : Nike ne cherche plus à posséder un studio Web3, mais à redevenir un partenaire, éventuellement, parmi d’autres.
Effet immédiat : un choc de confiance et une prime de liquidité qui s’évapore
Pour le marché des NFT, l’enjeu dépasse le cas RTFKT. Les collections adossées à une marque grand public bénéficient d’un mécanisme bien connu en finance : une prime de confiance, qui soutient la liquidité, donc les prix. Quand l’émetteur se retire, cette prime se contracte, et le marché reprice brutalement le risque (maintenance, utilité future, propriété intellectuelle, feuilles de route).
Cette recomposition intervient dans un contexte déjà fragile. En novembre 2025, les ventes mensuelles de NFT sont tombées autour de 320 millions de dollars, contre 629 millions en octobre, et environ 303 millions en décembre 2025 selon les agrégats on-chain. La capitalisation du marché NFT est, elle, retombée vers 2,7–2,8 milliards de dollars début janvier, très loin des niveaux observés lors des pics précédents.
Dans ce décor, la sortie d’un acteur comme Nike peut produire un effet de contagion : d’autres marques pourraient privilégier des dispositifs hors-bilan, licences, drops ponctuels, programmes de fidélité tokenisés, plutôt que des filiales dédiées. Autrement dit, moins de travaux sur le marketing, plus d’opérations courtes et mesurables, ce qui réduit la visibilité des cash-flows futurs (royalties, ventes primaires), donc la valorisation des collections.
Enfin, RTFKT illustre un paradoxe : même quand le business fonctionne, la dépendance au marché secondaire est risquée. Le studio aurait cumulé 49,82 millions de dollars de revenus, dont plus de 45 millions en royalties, un modèle performant tant que la rotation reste élevée.
Un précédent juridique qui pèse sur toute la crypto-économie
Le dossier est aussi devenu juridique. En avril 2025, Nike a été visé par une action collective réclamant plus de 5 millions de dollars, les plaignants estimant que l’arrêt de l’activité a fait chuter la demande et la valeur de leurs actifs, avec en toile de fond la question des NFT comme « titres » potentiels.
Même sans trancher le fond, ce type de procédure change déjà les pratiques : clauses de continuité, promesses de service limitées, transparence accrue sur l’utilité réelle, et une séparation plus nette entre des objets de collection et produits financiers.
Pour le marché, la conséquence est claire : en 2026, les projets NFT qui survivront seront ceux capables de prouver une utilité durable (accès, contenu, avantages, interopérabilité), et de résister à la sortie d’un sponsor. La « marque » reste un accélérateur, mais elle ne suffit plus à garantir la liquidité.
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