Révision de MiCA : les 7 chantiers que la France veut imposer à l’Europe

Soixante-treize pages en anglais. Le Trésor, l’AMF, la Banque de France et l’ACPR ont publié le 20 octobre leur réponse commune à la consultation de la Commission européenne sur la révision de MiCA. Nous avons traité hier le volet influenceurs et plateformes sans licence. Restait le gros morceau, ce qu’on appelle dans le jargon, la source primaire. Nous l’avons gardé pour le petit déjeuner.

La France y donne son avis sur les stablecoins en euro, la multi-émission, la DeFi, le staking, les perpétuels et la supervision. Sur plusieurs points, c’est vers Washington qu’elle regarde.

Les points clés de cet article :

La France a exprimé sa position sur les stablecoins en euro, la DeFi, et le staking dans le cadre de la révision de MiCA, s’inspirant des pratiques américaines pour renforcer leur compétitivité et leur supervision.
Elle a proposé des ajustements pour la multi-émission de stablecoins, visant à encadrer les risques tout en établissant des relations de coopération avec les régulateurs étrangers.

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Stablecoins en euro : la France pioche dans le GENIUS Act

Commençons par un aveu. Les autorités françaises écrivent noir sur blanc que les stablecoins ne deviendront pas un moyen de paiement grand public dans l’Union d’ici cinq ans.

Vous réglez déjà vos courses par carte, et un virement instantané arrive en dix secondes. Personne ne va donc convertir ses euros en jetons pour faire la même chose en plus compliqué. Les usages utiles sont ailleurs : paiements vers les pays tiers, règlement d’actifs tokenisés, trésorerie d’entreprise.

Or ces usages se font en dollars.

La réponse française reprend le chiffre de la BCE, plus de 280 milliards de dollars de stablecoins en circulation. Elle s’inquiète du risque de change pour les Européens et parle sans détour de « souveraineté monétaire ». Plutôt que de fermer la porte au dollar, Paris veut rendre les stablecoins en euro enfin compétitifs.

Révision de MiCA : ce que la France propose, chantier par chantier. Source : contribution du Trésor, de l’AMF, de la Banque de France et de l’ACPR.

Trois idées empruntées à l’Amérique

Première idée, en finir avec le quota de dépôts bancaires. MiCA oblige aujourd’hui un émetteur à garder 30 % de ses réserves sur des comptes en banque, et 60 % si son jeton est jugé significatif. La France propose de le remplacer par des ratios de liquidité quotidiens et hebdomadaires, des limites de maturité et une diversification des contreparties. Le document cite lui-même le GENIUS Act comme modèle.

Deuxième idée, laisser respirer le rendement. MiCA appelle « jetons de monnaie électronique », ou EMT, les stablecoins adossés à une seule devise. Leur émetteur n’aurait toujours pas le droit de verser d’intérêts, car Paris maintient l’interdiction.

Les récompenses versées par les plateformes, elles, seraient encadrées au lieu d’être interdites. C’est la ligne du GENIUS Act, qui bannit l’intérêt de l’émetteur mais laisse passer celui des tiers. Un cadre plus strict « pourrait affaiblir la position des EMT libellés en euro », préviennent les auteurs.

Troisième idée, faire le ménage. La catégorie des jetons se référant à des actifs (ART) pourrait disparaître, sous réserve d’une étude d’impact. Le constat est d’ailleurs cruel. Aucun ART n’a été agréé depuis l’entrée en vigueur du règlement, et les rares stablecoins multidevises seraient rangés avec les EMT.

Multi-émission : Paris veut verrouiller les stablecoins mondiaux

Si vous détenez de l’USDC sur une plateforme européenne, ce chapitre vous concerne.

La multi-émission désigne le cas où un même stablecoin sort de deux usines à la fois, l’une en Europe et l’autre hors de l’Union, avec des jetons parfaitement interchangeables. Circle émet ainsi l’USDC depuis sa filiale agréée en France et depuis sa maison mère américaine. Forte de son expérience de superviseur, la France juge tous les risques de ce modèle « hautement significatifs ».

Imaginez par exemple une panique. MiCA garantit à chaque détenteur un remboursement au pair, sans condition. Les porteurs du monde entier ont donc intérêt à frapper à la porte européenne, alors que les réserves logées dans l’Union ne couvrent que les jetons qui y circulent.

Le document dit avoir observé « en pratique » des réserves réparties au détriment de l’entité européenne. Et il doute que les transferts entre filiales tiennent le choc si l’émetteur étranger ou son régulateur décide de couper le robinet.

Paris ne réclame pas l’interdiction pour autant. Elle veut un régime sur mesure dans la révision de MiCA.

Un émetteur européen ne pourrait participer à un tel montage qu’avec un pays reconnu équivalent par la Commission, après la signature d’accords de coopération entre superviseurs. Cette équivalence supposerait aussi la réciprocité pour les émetteurs européens sur le marché étranger.

Une fois le schéma lancé, le jeton deviendrait d’office significatif et passerait sous la supervision de l’EBA. Celle-ci pourrait ensuite exiger une surcollatéralisation des réserves après des tests de liquidité. Surtout, l’émetteur européen ne devrait plus rembourser que les détenteurs établis dans l’Union.

DeFi : un visa de sécurité à la française pour les protocoles

Sur la finance décentralisée, la France coche la même case pour l’échange, les paiements, le trading et le prêt. « Bénéfices importants », usage « déjà significatif », mais des faiblesses non corrigées.

Pas question d’interdire l’accès aux protocoles, ni d’imposer une licence à un code sans opérateur identifiable. Le cadre proposé passe par ceux qu’on peut attraper, les prestataires agréés.

Avant de brancher un client sur un protocole, ils devraient vérifier ses audits, ses incidents passés, sa gouvernance et son exposition aux fonds illicites. Autrement dit, s’ils ignorent une faille connue, ils paieraient les pots cassés.

Pour les protocoles eux-mêmes, Paris imagine une certification confiée au privé. Les autorités écriraient les standards et surveilleraient les certificateurs, sans délivrer elles-mêmes les certificats.

Un certificat vaudrait pour un code, donc pour toutes les adresses qui le partagent. Il durerait trois ans, « comme les visas de sécurité délivrés par l’ANSSI », et serait inscrit onchain. Seuls les protocoles réellement décentralisés au-delà d’un certain seuil de valeur bloquée seraient obligés de s’y plier. Détail malin, un prestataire ou un participant à la gouvernance pourrait demander la certification d’un protocole sans responsable identifiable.

Une porte se ferme en revanche.

Certains rêvaient qu’un protocole à moitié décentralisé puisse échanger sa licence CASP contre un simple certificat. Les autorités notent l’idée 1 sur 5, le désaccord le plus net possible. « Le statut DeFi doit rester l’exception, pas la règle », tranchent-elles, de peur de voir les plateformes maquiller leur gouvernance pour sortir du cadre.

Enfin, les wallets non custodiaux échappent à la certification obligatoire, jugée disproportionnée. Leurs développeurs seraient simplement incités à l’obtenir.

Staking et prêt encadrés : la révision de MiCA trie ce qui entre et ce qui reste dehors

Vous stakez de l’ETH sur un exchange ? La France estime que vous méritez davantage de protection.

Le document juge « pas pleinement adéquate » l’approche actuelle, où le staking n’a pas de règles propres. Il liste le slashing, c’est-à-dire la pénalité infligée à un validateur fautif, les périodes de blocage et l’opacité sur l’origine des rendements. Il pointe surtout le risque qu’un client prenne son staking pour un livret d’épargne.

De même, le prêt de crypto-actifs recevrait le même traitement, sans agrément séparé. Les plateformes qui le proposent auraient des obligations proportionnées aux volumes sur la transparence, le collatéral et la réhypothécation. Le texte cite les faillites des prêteurs centralisés, sans nommer Celsius ni BlockFi.

Pour les NFT, rien ne bouge. Le marché « a connu un déclin significatif ces derniers mois » et les jetons vraiment uniques relèvent de l’art, du jeu ou de la collection. En pratique, seuls ceux émis en série ou fractionnés devraient être requalifiés.

Paris renvoie les contrats perpétuels et les marchés prédictifs vers MiFID, le cadre des instruments financiers. Les perpétuels tombent donc sous les restrictions européennes sur les CFD, qui plafonnent le levier crypto à 2 pour les particuliers depuis 2018.

Mais le document ajoute que « la restriction actuelle pourrait être adaptée » vu l’essor des marchés crypto. Une phrase à encadrer au-dessus de votre écran de trading.

MiCA 2 : l’ESMA en guichet unique et les crypto-conglomérats sous surveillance

Le dernier chantier se joue entre superviseurs, et il n’est pas tendre pour MiCA. Le document qualifie le régime de notification des jetons ordinaires, sans approbation préalable, de « disposition la plus faible » et de « trompeur pour les investisseurs ».

Un émetteur notifie aujourd’hui son livre blanc à une autorité nationale, qui le transmet à l’ESMA sans réelle capacité d’intervenir dans les délais. Les autorités nationales se décrivent elles-mêmes comme de « simples transmetteurs ». Paris propose donc un guichet unique à l’ESMA, contrôles et sanctions compris.

Deuxième cible, les crypto-conglomérats. En effet, ces groupes cumulent plateforme d’échange, conservation, émission de stablecoin et parfois services de paiement dans plusieurs pays à la fois. Aucune supervision consolidée ne s’applique à eux, contrairement aux groupes bancaires.

Le communiqué du Trésor résume la demande en une ligne, renforcer le rôle de l’ESMA sur ces groupes. Dans le détail, l’ESMA superviserait leurs activités crypto, des collèges de superviseurs verraient le jour et les autorités pourraient imposer une séparation des activités en cas de conflit d’intérêts.

Les plus gros prestataires basculeraient enfin vers un régime prudentiel calqué sur celui des entreprises d’investissement. Au passage, l’assurance aujourd’hui acceptée à la place des fonds propres disparaîtrait.

Rien de tout cela n’est encore écrit. La Commission doit rendre d’ici le 30 juin 2027 son rapport sur l’application du texte, socle de la révision de MiCA, et l’Eurosystème attend Pontes, son infrastructure de règlement en monnaie centrale tokenisée, pour la fin 2026. Pendant ce temps, près de 900 milliards de dollars de stablecoins transitent chaque trimestre, presque tous en dollars.

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Rapport CoinGecko T3 2026 : la crypto rebondit de 40 % mais les traders n’ont pas suivi

« Après tout, on ne découvre qui nage nu que lorsque la marée se retire », écrivait Warren Buffett dans sa lettre aux actionnaires de Berkshire Hathaway pour l’exercice 2001. Le troisième trimestre 2026 a été une marée montante pour les cryptomonnaies, et le rapport trimestriel de CoinGecko permet de regarder qui s’est mis à l’eau, et avec combien de levier.

Trois trimestres de baisse, puis un été de rattrapage. Le rapport trimestriel publié par CoinGecko ce 15 octobre chiffre à 39,6 % la hausse de la capitalisation totale du marché crypto entre juillet et septembre 2026. Elle est revenue frôler les 3 000 milliards de dollars. C’est le meilleur trimestre depuis fin 2024.

Mais les volumes au comptant ont encore reculé pendant que les prix montaient et le levier a repris la place laissée vide. Nous avions noté début octobre que l’ether avait battu le bitcoin au troisième trimestre pendant que la liquidité fondait. Le rapport en donne le détail chiffré et six graphiques que nous reproduisons ici.

Les chiffres à retenir

Le marché a repris 840 milliards de dollars en trois mois, dont plus de la moitié sur le seul mois d’août.

L’ether a surperformé toutes les grandes capitalisations grâce à 3,1 milliards de dollars d’entrées nettes dans les ETF.

Le volume quotidien moyen a reculé pour le troisième trimestre consécutif.

Binance détient désormais plus de 42 % du marché spot centralisé.

Les positions à levier ouvertes sur les perpétuels dépassent 100 milliards de dollars pour la première fois depuis un an.

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CoinGecko mesure un rebond de 840 milliards de dollars concentré sur le mois d’août

Le chiffre brut d’abord. Le marché a repris 840 milliards de dollars en trois mois et passe de 2 100 milliards fin juin à 2 960 milliards au 30 septembre. Le pic trimestriel est ensuite venu le 21 septembre, à 3 000 milliards. Plus de la moitié de cette hausse tient en un seul mois. La capitalisation a bondi de 21,8 % en août (490 milliards) après l’annonce par le Trésor américain d’un doublement au minimum de ses rachats d’obligations à long terme. Les ETF Bitcoin spot ont aussi encaissé des entrées nettes tout le mois.

Même l’échec du CLARITY Act, retoqué lors d’un vote de procédure au Sénat le 15 septembre, n’a pas cassé la dynamique. Le marché a même fait son plus haut du trimestre six jours plus tard. Reste un détail qui pique : malgré ces 40 % de hausse, la capitalisation totale affichait encore -4 % depuis le 1ᵉʳ janvier à la clôture du trimestre. L’année avait démarré un peu au-dessus de 3 000 milliards et le marché n’y est pas encore revenu.

Capitalisation totale et volume spot quotidien, janvier-septembre 2026. Source : CoinGecko, 2026 Q3 Crypto Industry Report

Regardez les barres vertes du graphique, pas seulement la courbe violette. Le volume quotidien moyen a reculé de 8,6 % sur le trimestre à 73,3 milliards de dollars. C’est d’ailleurs la troisième baisse trimestrielle d’affilée. Juillet a tourné à 57,7 milliards par jour, septembre à 94,8 milliards. Les acheteurs sont revenus tard dans le trimestre et moins nombreux qu’en janvier. L’étude complète détaille ces données sur 57 pages.

Ethereum signe le meilleur trimestre des majors avec 71 % de hausse

L’ether a fini le trimestre à 2 684 dollars en hausse de 71 %. Aucune autre grande capitalisation ne fait mieux, bitcoin compris. Trois trimestres de baisse du marché s’arrêtent donc là. Le moteur se lit dans les flux des ETF Ethereum spot américains, qui ont absorbé 3,1 milliards de dollars nets en trois mois et effacé l’intégralité des sorties du premier semestre.

Cours de l’ETH et volume spot quotidien, janvier-septembre 2026. Source : CoinGecko, 2026 Q3 Crypto Industry Report

Le graphique raconte autre chose que le cours. Le volume spot quotidien de l’ETH a chuté de 23,2 % sur la période, à 11,5 milliards de dollars contre 15 milliards au deuxième trimestre. Un actif qui gagne 71 % avec un quart de volume en moins est un actif que peu de monde vend et que peu de monde achète, hormis les ETF et leurs 3,1 milliards.

La mise à jour Glamsterdam n’est toujours pas sur le mainnet. Elle avait déjà glissé une première fois au printemps et en est au déploiement sur les testnets. Sepolia l’a finalement activée le 6 octobre.

Hyperliquid et Robinhood Chain ont capté l’attention des traders

Le 19 août, Donald Trump annonce que le président de la CFTC Michael Selig travaille à ramener Hyperliquid sur le marché américain. HYPE prend 40,5 % en quatre jours et touche 82 dollars, un record à ce moment-là. Le token continue ensuite de grimper jusqu’à un plus haut historique de 98 dollars le 23 septembre. Son volume quotidien moyen a d’ailleurs progressé de 35,2 % sur le trimestre, à 850 millions de dollars. Hyperliquid est l’une des rares plateformes dont l’activité a suivi le prix.

Cours de HYPE et volume spot quotidien, janvier-septembre 2026. Source : CoinGecko, 2026 Q3 Crypto Industry Report

Robinhood Chain prise d’assaut par les memecoins

Robinhood Chain est l’autre surprise du trimestre. Lancée publiquement le 1ᵉʳ juillet, la blockchain du courtier américain a généré 88,9 milliards de dollars de volume en trois mois et traité 9,5 millions de transactions par jour en moyenne. Cela la place au troisième rang des chaînes les plus actives. Vlad Tenev l’avait vendue comme la porte d’entrée des actions tokenisées. Les memecoins sont pourtant passés devant. Le volume quotidien des DEX natifs est passé de 1,3 million de dollars le jour du lancement à un pic de 3,5 milliards le 4 septembre, porté par le memecoin Cashcat et des launchpads comme Pons. Le pic de 26,9 millions de transactions du 12 août correspond au mint du NFT Spritehood et à une rafale de lancements de tokens, dont la plupart sont retombés aussitôt.

Volume DEX quotidien et transactions sur Robinhood Chain, juillet-septembre 2026. Source : CoinGecko, 2026 Q3 Crypto Industry Report

Les volumes spot des exchanges reculent pendant que le levier dépasse 100 milliards

Les dix premiers exchanges centralisés ont traité 1 650 milliards de dollars de volume spot au troisième trimestre, 14,2 % de moins qu’au deuxième. Juillet a marqué un plancher mensuel à 443,6 milliards, avant un rebond à 712,3 milliards en août. Binance ressort gagnant de la disette. Sa part de marché grimpe à 42,7 % contre 38,7 % au trimestre précédent, et c’est la seule plateforme du top 10 à dépasser les 10 %. Upbit a connu le trimestre le plus chahuté avec une chute de 33,7 % sur trois mois puis un rebond de 83,9 % en septembre. Bitget sort du classement et pointe désormais onzième. La plateforme tournait déjà à 15,7 puis 18,7 milliards par mois en juillet et en août avant son piratage de septembre. Elle faisait encore 37,8 milliards en juin.

Parts de marché mensuelles du top 10 des exchanges spot, janvier-septembre 2026. Source : CoinGecko, 2026 Q3 Crypto Industry Report

Open interest à 102 milliards de dollars sur les perpétuels

Le levier, lui, n’a pas attendu. L’open interest des dix premiers exchanges de perpétuels, c’est-à-dire le montant total des positions à effet de levier encore ouvertes, a grimpé de 40,6 % pour clôturer le trimestre à 102,2 milliards de dollars. Le seuil des 100 milliards n’avait plus tenu depuis le troisième trimestre 2025. Il avait été effleuré les 14 et 15 janvier avant de s’évaporer en quelques jours. Les deux précédents épisodes au-dessus de ce niveau correspondent à la fin du dernier bull market, de mai à novembre 2025, et aux semaines qui ont suivi la réélection de Trump fin 2024.

Mais la reprise reste inégale. Binance a ajouté 12,7 milliards de dollars d’open interest à elle seule, et Bybit, MEXC, Gate, Bitget et Kraken affichent toutes plus de 40 % de hausse. À l’inverse, KuCoin a perdu 41,2 % et Deribit 18,9 % sur la même période.

Open interest quotidien du top 10 des exchanges de perpétuels, janvier-septembre 2026. Source : CoinGecko, 2026 Q3 Crypto Industry Report

La marée s’est retirée deux semaines après la fin du trimestre. Le 15 octobre, le bitcoin est repassé sous 81 000 dollars, les liquidations ont dépassé un milliard de dollars en 24 heures et l’ether a rendu 11 % par rapport à sa clôture du 30 septembre. Les 102,2 milliards d’open interest comptabilisés fin septembre sont la matière première de ces liquidations, et les 73,3 milliards de volume quotidien au comptant le seul coussin en face.

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Faillites : près de 72 000 entreprises ont fait défaut en un an, un plateau record pour la France

« Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas, c’est parce que nous n’osons pas qu’elles sont difficiles. » Sénèque n’avait pas prévu le tribunal de commerce. Près de 72 000 patrons français ont osé cette année, et ont quand même fini en faillite. Le troisième trimestre 2026, publié par Altares le 13 octobre, tient pourtant dans un paradoxe. 14 652 procédures collectives ont été ouvertes entre juillet et septembre, soit 0,5 % de plus qu’un an plus tôt, le rythme le plus faible depuis la sortie du Covid. Mais ce niveau n’a jamais été vu en France. Septembre a compté 7 100 faillites à lui seul, un record mensuel. Le total sur douze mois frôle 72 000.

Dans une économie où la croissance a péniblement rebondi à 0,2 %, l’emballement s’arrête mais la casse continue. Et elle ne s’arrête pas aux boulangeries. Vancelian liquidée à Antibes, Cross the Ages en liquidation, Binance et Bitget qui ferment leurs guichets aux Français, Sorare qui coupe un tiers de ses effectifs. La crypto tricolore vit le même trimestre que l’hôtellerie, avec une couche de MiCA et de loi de finances en plus.

Points clés

50 510 emplois menacés sur le trimestre, en recul de 3 %, avec 48 entreprises de plus de 100 salariés en procédure.

Les commerces de proximité trinquent, avec les hôtels à +28 %, le commerce alimentaire à +15,3 % et la restauration rapide à +15,8 %.

117 prestataires crypto enregistrés au printemps contre 35 agréés MiCA en septembre. Les deux tiers des enseignes françaises ont quitté les registres en un été.

52 700 faillites depuis janvier, et Altares en redoute près de 19 000 au quatrième trimestre.

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Faillites : hôtels et restaurants en première ligne

Le bâtiment reste le premier secteur en volume, avec 3 452 procédures. Mais il recule de 3,1 %, et le gros œuvre de 13 %. La hausse vient d’ailleurs. L’hébergement bondit de plus de 30 % et les hôtels de 28 %, soit une soixantaine d’établissements. Les faillites de locations touristiques de courte durée ont doublé en un an. L’explication tient dans les coûts fixes. Loyers et énergie à la hausse, remboursement des prêts garantis par l’État. Et une clientèle qui a réduit ses nuitées quand l’inflation est remontée à 3,1 %.

Le commerce alimentaire progresse de 15,3 %, tiré par les boucheries, et les magasins multi-rayons de 18,5 %. Ici, la concurrence des grandes surfaces sur les prix et la hausse des matières premières compriment une marge déjà mince. La restauration, enfin, grimpe de près de 10 % avec 1 694 défaillances. La restauration rapide prend 15,8 % et les débits de boissons 13,4 %. Thierry Millon, directeur des études d’Altares, résume, « la sinistralité s’affole encore dans l’hôtellerie restauration, les services et commerces de proximité ». À l’inverse, l’industrie manufacturière recule de 11,8 % après deux années de purge.

50 000 emplois menacés : qui est touché

Le trimestre met 50 510 emplois en jeu, 1 490 de moins qu’un an plus tôt. Cela fait 3,4 salariés par entreprise défaillante. La baisse vient des PME de 10 à 49 salariés, dont les liquidations directes chutent de 18 à 20 %. Elle vient aussi des sauvegardes, qui protègent désormais 4 120 salariés, deux fois plus qu’en 2025. Les très petites entreprises de moins de trois salariés concentrent 75 % des procédures. Soit 10 960 jugements, en hausse de 2,9 %, et toute la progression du trimestre. Les sociétés de moins de cinq ans pèsent 42 % des faillites.

La géographie surprend. Altares place les Pays de la Loire en tête des hausses, +18,4 % avec 797 procédures, et la Bretagne à +11,4 %. Paris baisse de 12 % quand la Seine-Saint-Denis bondit de 44 %. Les 48 entreprises de plus de 100 salariés tombées cette année représentent un gros employeur par jour ouvré, pour un cinquième des emplois menacés.

Défaillances d’entreprises par région au troisième trimestre 2026 et évolution sur un an. Source : Altares

Faillites crypto : Vancelian et Cross the Ages rejoignent la liste

Le secteur crypto n’a pas de ligne dans les tableaux d’Altares, qui raisonne par code APE. Mais son été 2026 raconte la même histoire. Le 28 juillet, le tribunal de commerce d’Antibes a prononcé la liquidation judiciaire d’Automata France, la société derrière la plateforme Vancelian. C’était quatre semaines après sa radiation par l’AMF. Le régulateur lui reprochait une activité de financement participatif sans autorisation, pas un mauvais timing de marché. Trois semaines plus tôt, le 7 juillet, le studio français Cross the Ages annonçait la liquidation de son jeu de cartes Web3. Plusieurs mois de redressement judiciaire n’avaient pas suffi, faute de nouveaux financements, et le jeu Blast a été coupé dès le lendemain.

Les grands noms n’ont pas déposé le bilan, mais ils ont réduit la voilure. Sorare a supprimé 35 % de ses effectifs en novembre 2025 et fermé son bureau de New York. Le volume hebdomadaire des NFT était alors passé sous 100 millions de dollars, contre un milliard en moyenne en 2021. Binance a cessé tout service en France le 1er juillet 2026, sans agrément MiCA, en laissant près de 2 millions de comptes sur le carreau. Bitget avait fermé ses portes aux Français dès le 31 mars. Si vous aviez un compte chez l’un des deux, vous avez déjà fait le transfert, ou vous le ferez avec des frais.

Au total, l’AMF recensait 117 prestataires enregistrés sous l’ancien régime PSAN. Elle n’en comptait plus que 35 agréés en septembre, trois mois après la fin du régime transitoire. Entre les deux, des dizaines de sociétés ont rendu leur enregistrement, fusionné ou fermé sans passer par un tribunal. Ces faillites silencieuses n’apparaissent dans aucune statistique.

Bear market ou climat français ? Pourquoi les boîtes crypto meurent ici

Le réflexe consiste à tout mettre sur le dos du bear market. Il explique une partie du tableau. Sorare et Cross the Ages vivaient des NFT. Bitcoin.com News a compté plus de 60 entreprises et protocoles crypto fermés dans le monde entre janvier et juillet 2026, de BitMEX à Movement Labs.

Mais le calendrier français a ajouté sa propre pression. MiCA s’applique dans toute l’Europe, et chaque pays a fixé sa date de fin de transition. La France a choisi le 1er juillet 2026. Les plateformes qui avaient annoncé jeter l’éponge n’avaient plus le droit de prendre de nouveaux clients dès le 1er avril. Un dossier d’agrément prend jusqu’à quatre mois. L’accompagnement se facture autour de 150 000 euros selon les estimations relayées par le secteur. Les fonds propres exigés vont de 50 000 à 150 000 euros selon les services. Qui continue sans autorisation risque deux ans de prison et 30 000 euros d’amende.

Ajoutez le décor que décrit Altares pour toutes les TPE. Un crédit bancaire plus cher et plus rare. Des banques toujours frileuses dès que le mot crypto apparaît sur un Kbis. Un État dont la charge de la dette doit atteindre 72,9 milliards d’euros en 2027 et qui cherche 54 milliards dans son budget. Donc aucun chèque pour les jeunes pousses. Et une flat tax remise sur la table à chaque loi de finances. Les sociétés de moins de cinq ans pèsent 42 % des faillites chez Altares. Une boîte crypto française née pendant le bull run de 2021 a cinq ans cette année. Elle a traversé un bear market, un changement complet de régime réglementaire, deux épisodes de remontée des taux et cinq lois de finances. Binance a d’ailleurs déposé sa demande de licence européenne à Athènes, pas à Paris.

Le risque 2027 que personne ne commente

Altares ne dit pas un mot des taux. C’est pourtant la variable qui décidera de 2027. La structure des procédures le trahit. Les redressements judiciaires progressent de 4,2 % quand les liquidations directes reculent de 1,2 %. Les tribunaux reçoivent donc des entreprises encore vivantes mais incapables de servir leur dette. Or la semaine qui vient de s’écouler a renchéri cette dette partout. L’inflation américaine à 3,7 % a ramené le rendement du dix ans américain à 5,36 % avant de refluer. Les marchés donnent plus de 90 % de chances à une hausse de la Fed en décembre. Et le FMI vient de raboter la croissance française à 0,4 % pour 2026. Pour une TPE, cela se traduit par un crédit plus cher au moment où ses marges ne lui permettent pas de reconstituer un coussin.

Pour qui investit, le signal est double. Les secteurs de proximité ne sont pas un refuge. Les entreprises cotées qui vivent du crédit bon marché, de l’immobilier à la tech, sont exposées aux mêmes taux. Exactement comme les boulangeries de Nantes ou les plateformes crypto de la Côte d’Azur. Thierry Millon prévient que « le pic des défaillances est peut-être derrière, mais pas celui de la fragilité financière des entreprises ». Depuis janvier, 52 700 entreprises ont fait faillite. Altares en redoute près de 19 000 de plus d’ici le 31 décembre. Le chômage à 8,1 % et la dette abyssale n’ont pas attendu le quatrième trimestre pour pousser les épargnants vers Bitcoin.

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Ledger : Une attaque phishing exploite l’affaire des implants espions

Deuxième lame. Une campagne de phishing exploite depuis ce matin l’affaire des wallets Ledger truffés d’implants pour pousser par e-mail les utilisateurs inquiets vers une fausse « mise à jour du firmware ». La page de destination imite le vrai contrôle d’authenticité de Ledger et propose de choisir son modèle. Vient ensuite un bouton « Update Now », puis une demande de phrase de récupération. L’alerte vient de SlowMist, la société de sécurité qui avait confirmé le schéma des premiers implants.

Vous n’avez rien à mettre à jour depuis un site web. Jamais. C’est la seule règle qui compte dans cette histoire, et le reste de l’article explique pourquoi.

Les points clés de cet article :
Une campagne de phishing a exploité l’affaire des Ledger piégés pour inciter les utilisateurs à une fausse mise à jour du firmware.
Les escrocs ont imité le contrôle d’authenticité de Ledger pour obtenir la phrase de récupération des utilisateurs, ce qui pourrait compromettre leurs wallets.
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Comment fonctionne la fausse mise à jour Ledger

Le scénario est bien construit. D’abord, vous avez lu que des Ledger vendus en Asie du Sud-Est contenaient une puce espion. Puis un e-mail signé « The Ledger Team » arrive dans votre boîte. Il annonce un correctif de firmware contre des « menaces spyware » repérées en Malaisie, et liste cinq appareils concernés, Nano S Plus, Nano X, Flex, Stax et Nano Gen5. Le bouton « Update Now » mène vers une page qui ressemble trait pour trait au « Genuine check » que Ledger effectue dans son application. Il faut choisir son modèle. Enfin, pour « restaurer » ou « synchroniser » l’appareil après la mise à jour, elle réclame vos 24 mots.

À ce stade, tout est perdu. La phrase de récupération est la clé de votre coffre. Celui qui la possède peut donc recréer votre wallet sur n’importe quel appareil. Il vide ensuite vos comptes en quelques secondes, sans jamais toucher votre Ledger. L’implant matériel découvert la semaine dernière faisait exactement la même chose. Il lisait les 24 mots à l’écran pendant la configuration. Le phishing obtient ainsi le même résultat sans puce ni tournevis, juste avec votre peur.

SlowMist résume la parade en deux phrases. Ne cliquez jamais sur un lien de site web pour mettre à jour. N’entrez jamais votre phrase de récupération où que ce soit. En revanche, les domaines utilisés par les escrocs n’ont pas été rendus publics à cette heure, donc inutile de chercher une liste à bloquer.

Le faux e-mail de la campagne : une « mise à jour de firmware » signée « The Ledger Team », avec le bouton « Update Now » qui mène à la page qui réclame vos 24 mots. Ledger n’envoie jamais ce type de message.

Les 5 règles Ledger qui rendent le phishing inoffensif

Ledger tient une page qui recense les campagnes de phishing en cours. Son discours de sécurité n’a pas bougé d’une ligne depuis l’affaire des implants, et l’entreprise l’a d’ailleurs répété toute la semaine. Il tient en cinq points.

Une mise à jour de firmware se fait uniquement dans l’application Ledger Wallet (l’ancien Ledger Live). Chaque étape est confirmée sur l’écran de l’appareil. Ledger n’envoie aucun e-mail demandant de mettre à jour un firmware.

Les 24 mots ne se saisissent que sur l’appareil lui-même, jamais sur un ordinateur, un téléphone ou une page web. Le support de Ledger ne les demande jamais.

Ledger ne contacte personne par SMS, WhatsApp, Telegram, appel téléphonique ou courrier postal. Les seuls domaines légitimes sont ledger.com, ledger.fr, ledgerwallet.com et ledger.zendesk.com. Méfiez-vous donc des « legder », « leqder » et autres accents exotiques.

Ne validez jamais sur votre appareil une transaction dont vous n’êtes pas l’auteur, même si une page affiche une « erreur » à corriger.

Un appareil Ledger ne peut pas être désactivé à distance. Toute menace de blocage « faute de vérification » est une arnaque.

Ces règles sont détaillées sur la page officielle des campagnes de phishing. Elle liste aussi les lettres avec QR code, les faux appels de CoinCover et les NFT frauduleux. Mais la campagne du jour n’y figure pas encore.

Les conseils de Ledger au-delà des cinq règles

Derrière cette liste, le message officiel de Ledger se résume à une phrase martelée à chaque crise : la phrase de récupération ne se saisit que sur l’appareil, et personne chez Ledger ne la demandera jamais, ni par e-mail, ni par chat, ni au téléphone. L’entreprise y ajoute quelques gestes concrets. Téléchargez Ledger Wallet uniquement depuis shop.ledger.com. Ensuite, n’envoyez jamais de cryptos vers une adresse que vous ne connaissez pas, même pour « sécuriser » vos fonds. Ignorez aussi les messages privés sur les réseaux sociaux, car Ledger ne communique que par e-mail et via ses comptes officiels. Enfin, un e-mail du support reçu sans l’avoir sollicité se signale comme spam, et les faux comptes se signalent à @ledgerprotect sur X.

Ce qu’il faut faire si vous avez un doute sur votre Ledger

Si vous avez acheté un appareil chez CryptoBilis ou un autre revendeur d’Asie du Sud-Est ces derniers mois, Ledger demande de ne pas le configurer s’il est encore sous blister. S’il est déjà en service, le conseil officiel est de créer un nouveau wallet sur un appareil sain, avec une phrase de récupération fraîchement générée, puis d’y transférer vos fonds. Contactez ensuite son support par le chat de support.ledger.com, et uniquement par là.

Si votre appareil vient d’un canal officiel en Europe, les contrôles menés en magasin et en entrepôt n’ont trouvé aucune unité modifiée. Pascal Gauthier, le patron de Ledger, a tout de même promis sur X une revue des contrôles appliqués aux ventes directes et aux revendeurs, et son directeur technique Charles Guillemet une révision des protections anti-sabotage. Dans les deux cas, personne n’a besoin de vos 24 mots pour vous aider. Et aucune mise à jour ne corrige un implant physique.

Si vous avez déjà saisi votre phrase sur une page suspecte, considérez le wallet comme compromis. Créez alors un nouveau wallet avec une nouvelle phrase sur un appareil sain. Transférez ensuite vos fonds vers ce wallet avant que les voleurs ne le fassent. Le délai se compte en minutes, pas en heures.

Le phishing est arrivé avant la réponse produit. Le Ledger Atom présenté jeudi détectera l’ouverture de son boîtier, mais il ne sortira qu’à l’été 2027. D’ici là, les campagnes par SMS précédentes et celle d’aujourd’hui reposent sur le même ressort. Une seule chose protège vos cryptos : que vos 24 mots ne quittent jamais l’appareil.

Sur un exchange, vos cryptos dépendent d’un tiers. Avec Ledger, elles ne dépendent que de vous : les clés privées ne quittent jamais l’appareil, et chaque transaction se signe d’un geste sur votre signer. Vous seul décidez, personne d’autre.




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Blur quitte la scène après avoir dominé les échanges de NFT sur Ethereum

Blur, longtemps le premier marché de NFT sur Ethereum, a annoncé lundi la fermeture de son site pour le 12 novembre. Les volumes mensuels sont passés d’environ 1,43 milliard de dollars au sommet de mars 2023 à moins de 7 millions aujourd’hui, sans que la plateforme n’ait jamais facturé de frais.

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NFT : Blur, l’ancien rival d’OpenSea, annonce la fermeture de son site

Blur ferme son site, mais laisse son protocole en fonctionnement. La plateforme d’échange de NFT a annoncé le 12 octobre que son interface web blur.io fermera le 12 novembre prochain. Son service de prêts Blend cessera également de mettre en relation de nouveaux emprunteurs et prêteurs à cette date.

Autrefois passée devant OpenSea en volume de transactions, Blur se retire dans un marché très éloigné de l’euphorie des années 2021 et 2022. L’équipe n’a toutefois pas précisé les raisons de sa décision.

Points clés

Le site blur.io fermera le 12 novembre, tandis que le protocole d’échange restera opérationnel sur la blockchain.

Blend arrêtera de proposer de nouveaux prêts ; les emprunteurs sont appelés à rembourser avant cette échéance.

Un outil destiné au retrait des actifs de Blend doit être fourni après cette date.

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Blur ferme son interface, Blend arrête les nouveaux prêts

La fermeture concerne le site utilisé pour acheter et vendre des NFT, ces jetons numériques uniques pouvant notamment représenter des objets de collection ou des œuvres. Les programmes qui exécutent les échanges sur la blockchain Ethereum continueront, eux, de fonctionner.

Cette distinction a une conséquence pratique : le maintien du protocole ne garantit pas un accès aussi simple qu’auparavant. Sans le site officiel, son utilisation nécessitera d’autres outils ou une interaction directe avec les contrats informatiques. Blur n’a pas annoncé d’interface de remplacement pour sa place de marché.

Le jeton BLUR conservera par ailleurs son rôle dans la gouvernance du mécanisme d’activation des frais du protocole. La fermeture du site ne signifie donc pas la disparition du jeton.

Pour les utilisateurs de Blend, qui permet d’emprunter en apportant des NFT en garantie, l’échéance est plus immédiate. L’équipe leur demande de rembourser leurs prêts d’ici au 12 novembre ou de les laisser entrer en défaut. Un défaut expose l’emprunteur à la perte du NFT déposé en garantie, selon les règles du protocole.

Blur promet ensuite un outil permettant de retirer les actifs de Blend. Les modalités détaillées de cet accès restent à préciser.

Blur annonce la fin de son site internet sur les réseaux sociaux – Source : Compte X

Un ancien leader des NFT rattrapé par la baisse d’activité

Lancée en octobre 2022, Blur s’était imposée auprès des traders grâce à ses outils de négociation et à ses récompenses en jetons. Son ascension l’avait conduite à dépasser OpenSea en volume d’échanges.

L’activité a depuis fortement reculé. Selon les données de Coindesk, le volume mensuel de Blur est passé d’environ 1,43 milliard de dollars en mars 2023 à moins de 7 millions en mars 2026, soit une chute supérieure à 99 % ! Ces chiffres illustrent le recul de la plateforme, sans constituer une explication officielle de sa fermeture.

L’annonce a aussi ravivé les critiques concernant les redevances versées aux créateurs lors des reventes. Certains collectionneurs reprochent à Blur d’avoir favorisé la spéculation et contribué à réduire ces revenus par sa politique de redevances facultatives ou minimales. Cette évolution avait cependant commencé chez d’autres acteurs avant son lancement.

Pour les utilisateurs, la priorité reste désormais la gestion des positions ouvertes avant le 12 novembre. Blur avertit également contre les usurpateurs et les fausses annonces : l’outil de retrait promis pourrait devenir un prétexte pour diffuser des liens frauduleux. Sale temps pour les NFT à collectionner.

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