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Irlande : Un ancien gangster fait campagne pour Bitcoin et les cryptos
Bitcoin en campagne. Certaines candidatures attirent le regard et la presse et celle de Gerry Hutch, ancien gangster irlandais reconverti en politicien d’occasion, en fait clairement partie. Pour exister dans une circonscription dublinoise saturée de visages connus, l’homme a choisi un angle aussi inattendu qu’efficace : la défense de Bitcoin et des cryptomonnaies (avec un zeste d’anti-système assumé). Une stratégie qui n’est pas sans évoquer celle de plusieurs candidats américains lors du cycle 2024.
L’Irlande impose lourdement les cryptomonnaies, et Hutch promet une réduction drastique de cette taxation pour séduire les électeurs.
Bitcoin s’invite dans la campagne électorale irlandaise
Gerry Hutch est un nom familier des services de police irlandais. Impliqué dans plusieurs affaires criminelles, dont un meurtre survenu en 2016, il a finalement été acquitté en 2023 faute de preuves suffisantes. Une page judiciaire tournée, donc, mais pas vraiment oubliée du grand public.
C’est dans ce contexte que l’intéressé annonce sa candidature à l’élection législative partielle de la circonscription de Dublin Central, prévue le 22 mai prochain. Et plutôt que de tenter un classique exercice de réhabilitation, il a opté pour un positionnement de niche : faire de la fiscalité crypto un de ses principaux axes de campagne.
Le choix n’est pas anodin. L’Irlande figure parmi les juridictions européennes les plus dures sur le sujet, avec une imposition des plus-values en cryptomonnaies qui peut grimper jusqu’à 33 %. Gerry Hutch promet une baisse drastique de cette taxation, espérant ainsi rallier une communauté d’investisseurs et d’entrepreneurs Web3 souvent ignorée des partis traditionnels.
Ses adversaires politiques, eux, n’y voient qu’une opération d’image : surfer sur la popularité de Bitcoin pour redorer un blason judiciaire encore très terni. L’argument est commode, mais il occulte une réalité, à savoir que les électeurs irlandais détenant des actifs numériques n’ont, à ce jour, aucun porte-voix crédible au Parlement.
Voici un candidat aux législatives irlandaises avec un prédigré plutôt original – Source : Compte X
Une stratégie qui rappelle celle de certains candidats US
La démarche de Gerry Hutch n’a cependant rien d’inédit. Aux États-Unis, plusieurs candidats à la présidentielle de novembre 2024 avaient déjà fait du soutien à Bitcoin un marqueur de campagne, dans l’espoir de capter un électorat jeune, technophile et politiquement volatil.
Robert F. Kennedy Jr. en est l’exemple le plus marquant. Le candidat indépendant avait placé Bitcoin au cœur de ses meetings, allant jusqu’à déclarer détenir personnellement pour 14 millions de dollars en BTC. Donald Trump, de son côté, a poussé la logique encore plus loin : lancement d’une collection de NFT à son effigie, déclaration de plusieurs centaines de millions de dollars d’avoirs en cryptomonnaies, et promesse de faire des États-Unis « la capitale mondiale du Bitcoin ».
On connaît la suite. Trump a remporté l’élection et, depuis son investiture en janvier 2025, l’administration américaine a multiplié les signaux favorables à l’industrie, de la nomination d’un crypto czar à la mise en place d’une réserve stratégique en Bitcoin. La preuve, s’il en fallait une, qu’un positionnement pro-crypto peut peser concrètement dans une campagne.
Reste à savoir si la recette fonctionnera dans une circonscription de 60 000 électeurs irlandais, avec un candidat dont le profil tient davantage du polar que du programme économique. Réponse dans les urnes de Dublin Central le 22 mai prochain.
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DeFi, stablecoins : Bruxelles relance (déjà) le débat sur MiCA
MiCA 2.0 en gestation. À peine entré en application, le règlement européen sur les cryptoactifs se retrouve déjà sur la table d’opération. Bruxelles ouvre une consultation publique pour mesurer son efficacité, et attend les contributions jusqu’à fin août 2026. Pour rappel, MiCA (Markets in Crypto Assets) est le cadre réglementaire européen qui s’applique aux cryptomonnaies ainsi qu’à leurs émetteurs et prestataires de services. Adopté en avril 2023, il est entré en vigueur en deux temps : le 30 juin 2024 pour les stablecoins, puis le 30 décembre 2024 pour les autres cryptoactifs. Mais ce jeudi 21 mai, la Commission européenne a annoncé l’ouverture d’une consultation publique pour vérifier si MiCA reste adapté à un marché des actifs numériques qui évolue plus vite que les textes censés l’encadrer. Les citoyens européens ont jusqu’au 31 août 2026 pour faire entendre leur voix.
La Commission européenne a ouvert une consultation publique jusqu’en août 2026 pour évaluer l’efficacité de MiCA face à un marché numérique en rapide évolution.
La Commission européenne (ré)ouvre le débat sur MiCA
L’exercice est inhabituel par sa précocité : à peine dix-huit mois après l’entrée en application complète du texte, l’exécutif européen sollicite déjà les retours des citoyens, des entreprises et des organisations sur son fonctionnement.
La consultation balaye plusieurs blocs du règlement : les règles applicables aux émetteurs de cryptoactifs, les obligations des prestataires de services (CASP), le régime spécifique des stablecoins et le volet lutte contre le blanchiment. Bruxelles veut aussi savoir si MiCA prend suffisamment en compte les innovations qui s’imposent depuis sa rédaction, comme la finance décentralisée (DeFi, dont on rappellera qu’elle a été volontairement laissée hors champ par le texte initial) et les NFT.
La Commission précise que cette consultation s’inscrit dans son programme de travail pour 2026, qui prévoit de réviser plusieurs règlements financiers pour les ajuster aux évolutions du marché. Sans remettre officiellement en cause les principes fondamentaux de MiCA, il s’agirait de vérifier que le règlement reste « efficace et proportionné ».
La Commission européenne lance sa grande consultation sur le règlement MiCA – Source : Compte X
Un cadre pionnier, mais déjà sous tension
On rappelle que MiCA fut le premier cadre harmonisé au niveau européen pour les cryptomonnaies. Trois objectifs structurent le texte lors de son adoption : protéger les consommateurs, garantir la stabilité financière, et prévenir le blanchiment d’argent. Pour y parvenir, il impose aux acteurs du secteur des obligations d’enregistrement, de transparence et de sécurité.
Côté bénéfices, le texte a été salué comme une avancée majeure pour le marché crypto européen. Il offre une sécurité juridique inédite, renforce la protection des investisseurs et crée un véritable marché unique : un prestataire agréé dans un État membre peut opérer dans toute l’UE avec une seule licence (le fameux mécanisme de passporting).
Si la communauté professionnelle reconnaît l’utilité d’un cadre clair, elle pointe néanmoins la complexité administrative du texte et son coût de mise en conformité, jugés dissuasifs pour les structures de taille modeste. Plusieurs acteurs estiment même que MiCA freine l’innovation et entame la compétitivité européenne face aux États-Unis ou à l’Asie. La demande qui remonte est claire : plus de flexibilité, plus de proportionnalité dans l’application des règles.
La consultation pourrait donc déboucher sur des ajustements ciblés du texte, plus respectueux des spécificités du marché crypto. Mais l’inverse n’est pas exclu : Bruxelles pourrait aussi profiter de l’exercice pour durcir certaines exigences, notamment sur la supervision et le contrôle des risques. Les contributions des prochains mois pourraient donc peser lourd dans l’arbitrage.
En attendant, les acteurs du secteur restent tenus par les règles actuelles de MiCA, dont la mise en œuvre se poursuit sous le contrôle des autorités nationales et européennes. Le 19 mai dernier, l’Autorité européenne des marchés financiers (ESMA) a d’ailleurs publié un rapport sur l’état d’avancement de cette application dans les différents États membres, document qui servira lui aussi de matière première au futur chantier de révision.
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Hyperliquid domine les frais on-chain, même si le classement global est plus nuancé
Course aux revenus on-chain. Les divers frais générés restent l’un des meilleurs indicateurs de l’activité réelle des blockchains. Cette semaine, Hyperliquid (HYPE) confirme sa position dominante dans le secteur du trading de produits dérivés, tout en révélant un paysage plus fragmenté qu’il n’y paraît. Si les protocoles spécialisés brillent, les chaînes généralistes et à bas frais comme Tron (TRX) ou Canton (CC) captent également des volumes massifs de revenus.
Hyperliquid confirme sa domination dans le secteur des produits dérivés avec 13 millions de dollars de frais générés en une semaine. Plus globalement, Canton Network surpasse Tron et Ethereum en générant plus de 15 millions de dollars de frais en 7 jours, révélant un paysage de l’activité on-chain complexe et diversifié.
Hyperliquid reste le leader incontesté des produits dérivés
Selon les données compilées de DeFiLlama, avec environ 13 millions de dollars de frais générés sur les 7 derniers jours au niveau protocole, Hyperliquid s’impose largement dans le domaine des contrats perpétuels. Cette performance représente une part très importante du marché des frais liés au trading à effet de levier.
Les utilisateurs paient à chaque ouverture, maintien ou fermeture de positions, ce qui crée un moteur de revenus particulièrement efficace. Positionnée comme une blockchain verticale (« vertical chain », c’est-à-dire spécialisée dans un seul cas d’usage) dédiée aux produits dérivés, Hyperliquid attire une clientèle de traders professionnels qui recherchent une infrastructure optimisée et rapide, conçue spécifiquement pour leurs besoins.
Le Top 3 réel des frais par blockchain montre une réalité plus complexe
Au niveau de l’ensemble des frais collectés directement par les blockchains (chain fees), le classement diffère sensiblement. Canton Network (CC) domine avec plus de 15 millions de dollars sur 7 jours. Ce réseau est suivi de Tron (TRX) avec environ 7,5 millions de dollars, puis d’Ethereum avec environ 5,8 millions de dollars, et encore après, de Solana (SOL) avec près de 3,9 millions de dollars.
Tron continue de bénéficier d’une utilisation massive pour les transferts de stablecoins (notamment l’USDT de Tether), tandis que Canton tire parti d’une activité soutenue grâce à un système d’incitations puissant qui reverse une grande partie des récompenses aux applications en fonction du volume de transactions qu’elles génèrent. Ces deux blockchains génèrent des revenus solides malgré des frais par transaction souvent plus bas que sur des réseaux plus onéreux.
Ethereum conserve une place forte grâce à son écosystème DeFi diversifié : échanges, prêts, NFT et interactions de smart contracts. Le réseau Solana, quant à lui, brille par son volume élevé en memecoins et trading DEX, mais convertit moins efficacement ce volume en frais réseau en raison de ses coûts très réduits.
En résumé, Hyperliquid prouve la puissance du modèle des vertical chains (très spécialisées) et domine largement le segment des produits dérivés, mais le panorama global des frais on-chain reste dominé par un mix de géants généralistes et de ces blockchains spécialisées. Dans un marché des crypto-actifs de plus en plus mature, la spécialisation et la diversification coexistent donc, chacune capturant de la valeur à sa manière.
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Lever des milliards pendant le bear market ? La purge crypto n’est pas pour tout le monde
Le paradoxe crypto de 2026. En ce début d’année 2026, le marché crypto affiche un visage contrasté. Bitcoin évolue calmement autour des 80 000 dollars, la plupart des altcoins sont en correction et les memecoins ont largement perdu de leur élan. Les volumes de trading ont baissé sur de nombreuses plateformes, et les résultats du premier trimestre n’ont pas été brillants pour l’ensemble du secteur : Coinbase a manqué ses attentes, Robinhood a vu ses revenus crypto chuter de manière significative, et beaucoup d’acteurs ont ressenti la pression d’un marché plus calme et plus exigeant.
Pourtant, au même moment, certaines entreprises et projets bien établis continuent d’attirer des centaines de millions de dollars, parfois près d’un milliard, de la part d’investisseurs institutionnels de premier plan comme BlackRock, Citadel ou a16z. Ce paradoxe est révélateur : le marché crypto n’est pas mort. Il traverse simplement une phase de sélection darwinienne, où les acteurs solides se renforcent tandis que les plus fragiles peinent.
Anthony Pompliano a annoncé que 75 % des entreprises crypto pourraient disparaître dans les cinq prochaines années, signalant une sélection naturelle dans le secteur.
La purge crypto annoncée ?
Le 11 mai 2026, dans le podcast Public Keys de CoinDesk enregistré au NYSE, Anthony Pompliano (CEO de fondateur de ProCap Financial, société cotée) a été particulièrement cash : 75 % des entreprises crypto ne seront plus là dans cinq ans. Selon lui, la grande majorité des projets, tokens, et autre blockchains inertes sont déjà morts, ils ne le savent simplement pas encore.
Il ne reste selon lui que quatre piliers qui survivront :
Bitcoin (l’or numérique),
L’infrastructure d’equity (actions et marchés financiers),
Les stablecoins,
La tokenization (RWA).
Après une période d’euphorie comme celle que nous avons vécue en 2024-2025, on assiste presque toujours au même schéma : une explosion spéculative attire des milliers de projets, souvent lancés avec peu de substance réelle. Les valorisations montent très vite, parfois sans lien avec des revenus ou une adoption concrète. C’est la surchauffe.
Vient ensuite la phase de correction. Le marché devient plus exigeant, les investisseurs se montrent plus sélectifs, et les projets sans usage réel ou sans modèle économique viable commencent à disparaître. C’est le shakeout massif dont parle Pomp.
Enfin arrive la consolidation : seuls restent les acteurs qui ont démontré une vraie utilité, des revenus stables ou une technologie solide. C’est autour de ces survivants, Bitcoin comme réserve de valeur, les infrastructures techniques, les stablecoins et la tokenization, que le capital se concentre.
En résumé, la purge actuelle n’est pas une fin, mais un tri naturel. Elle élimine ce qui était fragile et laisse plus d’espace aux projets sérieux pour grandir.
La purge en action : fermetures, annulations et bilans Q1 décevants
Cette sélection darwinienne se voit déjà concrètement. Cette semaine encore, The Bitcoin Society (TBSO), le projet lancé fin 2025 par Éric Larchevêque (co-fondateur de Ledger), Nathan Pissaro et Tony Parker, a annoncé renoncer à sa stratégie d’accumulation de Bitcoin en trésorerie. Seulement six mois après son lancement très médiatisé, les conditions de marché ont rendu le projet non viable.
Le secteur des NFT continue lui aussi de payer un lourd tribut : NFT Paris et RWA Paris 2026 ont été purement et simplement annulés en janvier, les organisateurs invoquant « un effondrement du marché » impossible à compenser malgré des coupes budgétaires drastiques. Plusieurs marketplaces et projets NFT ont fermé leurs portes : Nifty Gateway en février, revente de RTFK par Nike en décembre 2025 et d’autres plateformes plus petites au premier trimestre.
Côté entreprises, les bilans du premier trimestre 2026 confirment la tendance. Coinbase a publié une perte nette de 394 millions de dollars (bien au-delà des 29 millions anticipés) malgré des revenus globalement en ligne avec les attentes. Autre exemple. Les revenus crypto de Robinhood ont chuté de 47% en glissement annuel en Q1 2026, à 134 millions de dollars. Notons toutefois que le bénéfice net de Robinhood a en réalité augmenté de 3% au T1 2026, malgré la baisse du chiffre d’affaires global.
D’autres acteurs plus petits (custody, lending, exchanges comme Bit.com ou ProBit en phase de shutdown progressif) ont purement et simplement jeté l’éponge ou entamé des procédures de restructuration.
Et pourtant… les levées de fonds continuent pour les survivants.
Kraken : 800 millions de dollars à 20 milliards de valorisation
Fin novembre 2025, Kraken, l’un des exchanges américains les plus anciens et établis, a finalisé un important tour de table de 800 millions de dollars en deux tranches :
Une première tranche de 600 M$ menée par des investisseurs institutionnels comme Jane Street, DRW, HSG, Oppenheimer et Tribe Capital.
Une seconde tranche de 200 M$ venant de Citadel Securities (le fonds de Ken Griffin).
Cette opération a porté la valorisation de Kraken à 20 milliards de dollars, soit une hausse de 33 % par rapport au tour précédent réalisé seulement deux mois plus tôt.
Kraken n’est pas une startup spéculative : l’entreprise est rentable depuis plusieurs années, avec plus de 1,5 milliard de dollars de revenus en 2024 (et des chiffres encore supérieurs en 2025). Ce capital lui permet de renforcer ses opérations et d’avancer sur son projet d’introduction en bourse, envisagée pour fin 2026 ou début 2027. Même si la valorisation a connu une correction depuis (autour de 13-15 milliards selon certaines sources en avril 2026), cette levée reste un bon exemple de la confiance que les institutions accordent aux acteurs matures.
Circle et Arc : 222 millions de dollars à 3 milliards FDV (11 mai 2026)
Hier encore, Circle (émetteur d’USDC) a annoncé avoir levé 222 millions de dollars dans le presale du token ARC de sa nouvelle blockchain institutionnelle Arc. Valorisation fully diluted : 3 milliards de dollars.
Les backers ? Du lourd :
a16z crypto (lead avec 75 M$)
BlackRock
Apollo Funds
Intercontinental Exchange (NYSE)
ARK Invest
Bullish, Standard Chartered, Janus Henderson, etc.
Arc est conçue pour les institutions : frais en USDC (prévisibles), finalité en moins d’une seconde, confidentialité optionnelle, compatible EVM. Un signe clair que la tokenization et les stablecoins attirent massivement les capitaux traditionnels.
D’autres méga-rounds qui confirment la tendance
D’autres exemples confirment cette tendance. Les plateformes de marchés de prédiction ont particulièrement attiré l’attention. Kalshi a levé 1 milliard de dollars en mars, (confirmé au début de ce mois de mais) atteignant une valorisation de 22 milliards de dollars. Polymarket discute de son côté d’un tour de plusieurs centaines de millions à environ 15 milliards de dollars. Cependant aucune annonce officielle n’a été faite à l’heure d’écrire ces quelques lignes.
Des infrastructures plus techniques ont aussi bouclé des tours solides. BVNK, spécialiste des paiements en stablecoins, a vu Mastercard annoncer son rachat pour jusqu’à 1,8 milliard de dollars en mars 2026. D’autres projets de bridging et de paiements ont réalisé des levées significatives.
Du côté européen, la société française Capital B (cotée sur Euronext Growth Paris et première Bitcoin Treasury Company du continent) a levé 15,2 M€ (environ 17,8 M$) le 11 mai 2026 via un placement privé. Parmi les investisseurs : Adam Back (créateur de Hashcash et CEO de Blockstream) et le gérant d’actifs TOBAM. Ces fonds serviront à accélérer sa stratégie Bitcoin : l’entreprise détient déjà 2 943 BTC et prévoit d’en acquérir jusqu’à 182 supplémentaires. Un signal fort de la part d’investisseurs institutionnels qui parient sur Bitcoin comme actif de réserve corporate.
Le même jour, Ripple a sécurisé une facilité de dette de 200 M$ auprès de Neuberger Specialty Finance pour sa branche Ripple Prime (prime brokerage institutionnel). Même s’il ne s’agit pas d’une levée de fonds en equity, ce mouvement de capital montre que les acteurs historiques continuent de renforcer leur infrastructure pour servir les institutions.
Globalement, le financement VC dans la crypto reste dynamique. Sur les 12 derniers mois jusqu’à mars 2026, le montant total investi a augmenté d’environ 50 % par rapport à l’année précédente. Pourtant, le nombre de deals a chuté de près de 46 %. Résultat : l’argent se concentre sur moins de projets, mais les chèques sont bien plus gros.
C’est le signe d’une vraie maturité du secteur. Les investisseurs ne misent plus sur n’importe quelle idée ou whitepaper. Ils cherchent des revenus concrets, une régulation claire et une adoption par les institutions.
Pourquoi ça marche encore en 2026 ?
Plusieurs facteurs structurels expliquent ce découplage entre le prix des altcoins et le funding des « winners » :
Institutions entrantes : BlackRock, Citadel, State Street, Apollo… ne parient plus seulement sur Bitcoin via des ETF. Ils construisent l’infrastructure (tokenization, custody, stablecoins).
Régulation plus claire : L’ère post-Trump (et pro-crypto) réduit l’incertitude réglementaire aux États-Unis.
Tokenization des actifs réels (RWA) : Le marché potentiel est estimé en dizaines de trillions. State Street parle déjà de lancer des fonds tokenisés au Luxembourg fin 2026.
Stablecoins comme rails : USDC et consorts deviennent le pont indispensable entre fiat et on-chain.
Bref : le « crypto-only » spéculatif meurt. La crypto qui devient de la finance survit et attire l’argent.
Oui, 75 % des projets vont probablement disparaître (ou devenir des zombies). Non, le secteur n’est pas mort. Il fait ce que toute industrie tech fait après une bulle : il purge les faibles et renforce les forts.
Les Kraken, Circle, Polymarket, et les builders d’infrastructure réelle sont en train de poser les fondations du prochain cycle. Pendant que Twitter hurle « crypto is dead » à chaque correction de 10 %, les institutions signent des chèques à 8 chiffres.
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