71,9 % des tokens du Top 100 sont morts : combien de temps survit une cryptomonnaie ? 

CryptoRank a passé au crible, mardi 4 août, les 1 539 tokens ayant intégré le Top 100 des cryptomonnaies. 71,9 % ne s’échangent plus. Une seconde étude revient sur le Top 100 des crypto en juillet 2021, 5 ans plus tard. Le constat est sans appel pour ceux qui attendent encore le retour de leurs anciens altcoins.

Les anciens champions du marché disparaissent les uns après les autres

Le Top 100 crypto de juillet 2021 comptait 100 projets. 5 ans plus tard, 41 y figurent encore, 46 sont sortis du classement, et 13 ont disparu.

Les 46 déclassés affichent une baisse médiane de 93 % de leur capitalisation. Theta Network est tombé de 6,35 milliards à 136 millions de dollars. EOS, devenu Vaulta, de 3,88 milliards à 108 millions. Tezos, de 2,59 milliards à 239 millions.

Les blockchains Layer 1 et Layer 2 pèsent 65 % de ces sorties. Tezos, EOS, Neo, Zilliqa, Harmony, Fantom. Chacune promettait de détrôner Ethereum.

Une nouvelle génération de Layer 1 est arrivée entre-temps. Sui, Aptos, TON. Les candidats de 2021 n’ont pas suivi.

EOS illustre jusqu’où va ce déclassement. Le projet avait levé plus de 4 milliards de dollars lors de son ICO, un record à l’époque. En novembre 2021, 4 mois après le classement, Yves La Rose, à la tête de l’EOS Network Foundation, s’adresse à la communauté : « EOS, tel qu’il existe, est un échec ». Il parle d’un investissement désastreux et met en cause Block.one, le financeur historique du projet.

Au moment de cette déclaration, EOS pesait encore près de 4 milliards de dollars. Le token a continué de s’échanger pendant 5 ans, malgré cet aveu public d’échec.

Le Top 100 crypto se renouvelle plus vite qu’on ne le croit

CryptoRank considère un token mort quand les grands exchanges l’ont retiré et que son volume quotidien reste sous 10 000 dollars pendant plus de 90 jours. Sur 1 539 tokens analysés, 71,9 % remplissent ces conditions.

62 % disparaissent en moins de 5 ans. 84,7 % en moins de 10 ans. Et la durée de vie médiane d’un token s’établit à 2 ans et 4 mois.

CoinGecko a de son côté compté 11,6 millions de tokens devenus inactifs sur la seule année 2025. 

Le graphique publié par CoinGecko raconte la même histoire : 53,2 % des cryptomonnaies listées depuis 2021 sont désormais inactives. À lui seul, l’exercice 2025 concentre 11,6 millions de disparitions. 

Le chiffre suit la courbe des lancements : 428 383 projets recensés en 2021, près de 20,2 millions en 2025. Les launchpads comme Pump.fun ont ouvert les vannes, les memecoins ont fait le reste.

Ces statistiques concernent l’ensemble du marché. Les tokens du Top 100 évoluaient pourtant dans un univers très différent : forte liquidité, présence sur les principaux exchanges et couverture médiatique importante. Malgré cela, leur durée de vie médiane reste limitée à 2 ans et 4 mois

Pourquoi un token continue de s’échanger après la fin du projet 

L’échec d’un projet ne fait pas disparaître son token du jour au lendemain. Les échanges continuent, mais avec une demande qui s’étiole progressivement. 

Les market makers suivent le mouvement. Ces sociétés cotent en permanence un prix d’achat et un prix de vente, ce qui immobilise du capital des deux côtés du marché. Sur une paire qui ne s’échange plus, le coût dépasse les frais captés, et ils retirent leurs ordres.

Le carnet s’amincit. Chaque vente déplace alors davantage le prix, ce qui décourage les acheteurs suivants, ce qui amincit encore le carnet. La boucle s’entretient toute seule.

Les exchanges regardent ces chiffres. Binance réévalue régulièrement les actifs qu’elle liste sur le volume, la liquidité, l’activité de développement, l’engagement de l’équipe et la conformité réglementaire. Le 17 août, 6 tokens quittent la plateforme, dont PYR, celui de la plateforme de jeu Vulcan Forged.

Le délisting renvoie les détenteurs vers des places plus petites, avec moins de profondeur. Le volume finit sous 10 000 dollars par jour, et 90 jours plus tard, le token entre dans les statistiques de mortalité.

Entre-temps, son prix reste affiché partout. Sur un carnet devenu très peu liquide, ce prix reflète surtout la dernière transaction réalisée

Les usages finissent par remplacer les promesses

Ethereum, Solana et TRON sont toujours là. Les stablecoins, les tokens d’exchange, Uniswap, Aave et Maker également. 

Ces actifs restent utilisés au quotidien. Ils servent à régler des transactions, fournir des garanties, payer des frais ou faire fonctionner des applications déjà largement adoptées. Chacun répond encore à un usage ou à une demande bien identifiée

Dogecoin et Shiba Inu suivent une logique différente. Leur longévité repose avant tout sur une communauté très active, une liquidité abondante et une notoriété qui entretiennent encore leur activité. 

Le métavers, la GameFi, les NFT et les blockchains concurrentes d’Ethereum dominaient les discussions en 2021. 5 ans plus tard, la plupart des projets qui incarnaient ces narratifs ont quitté le Top 100. 

Le nombre de stablecoins présents dans le Top 100 est passé de 8 à 16 en 5 ans. CryptoRank attribue cette progression au règlement on-chain, devenu l’un des principaux usages de la blockchain. 

Hyperliquid raconte la même histoire. Le protocole entre directement à la 9ᵉ place grâce à une activité économique qui figure déjà parmi les plus rentables de tout l’écosystème crypto

Au fil des cycles, les usages finissent par remplacer les narratifs

Quand le rendement ne dépend plus du prochain cycle

Face à cette rotation permanente, de nombreux investisseurs choisissent de conserver une partie de leur portefeuille en stablecoins

Leur progression dans le Top 100 reflète leur rôle grandissant dans les paiements et le règlement on-chain. Pour un investisseur, une autre question se pose alors : comment mettre ces liquidités au travail entre deux opportunités d’investissement ?

La DeFi permet de faire travailler des stablecoins. Ils peuvent générer un rendement entre 2 investissements, ou accompagner une stratégie d’investissement destinée à limiter l’exposition à la volatilité des marchés. 

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Le Top 100 des crypto photographie un instant du marché, pas son avenir. En 5 ans, 59 des 100 projets présents dans le classement de juillet 2021 en sont déjà sortis

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Le SHAKA Festival débarque à Biarritz : IA, Web3 et surf au programme

Du 24 au 26 septembre 2026, la Cité de l’Océan de Biarritz accueille la nouvelle édition du SHAKA Festival, trois jours mêlant conférences tech, ateliers Web3 et sessions de surf face à l’Atlantique. Fondateurs, développeurs et investisseurs s’y retrouvent depuis 2022, quand l’événement s’appelait encore NFT Biarritz.

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Chute des cryptomonnaies : Les blockchains ne captent plus que 25 % des revenus onchain

Vendre des pelles pendant la ruée vers l’or. La sagesse classique du capital-risque a pris un sacré coup de vieux ces cinq dernières années. En 2022, les blockchains elles-mêmes, Ethereum, Solana et consorts, absorbaient plus de 90 % des revenus générés sur la chaîne. Début 2026, ce chiffre est tombé à environ 25 %, selon le tableau de bord de Blockworks qui suit la répartition des revenus par secteur depuis 2021. Les applications financières et grand public, elles, captent désormais près des trois quarts du total. Le rapport de force économique de l’industrie s’est littéralement inversé.

Les points clés de cet article :
La part des blockchains dans les revenus générés a dramatiquement chuté de 90 % à 25 %, au profit des applications financières et grand public.
Malgré une capitalisation boursière modeste, les protocoles de finance décentralisée capturent une grande majorité des frais générés, illustrant une inversion des valeurs économiques.
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Ethereum, premier symbole du décrochage

Le cas Ethereum résume le phénomène à lui seul. Le réseau générait plus de 40 % de tous les frais onchain de l’industrie en 2021. Il en produit aujourd’hui moins de 3 %, selon un rapport du fonds 1kx relayé par Blockworks.

La cause n’est pas un désintérêt pour Ethereum : ce sont ses propres solutions de mise à l’échelle (les « layer 2 », des réseaux secondaires qui traitent les transactions à moindre coût avant de les régler sur la chaîne principale) qui ont fait chuter les frais moyens de transaction de 86 %. Moins cher pour l’utilisateur, moins lucratif pour le protocole sous-jacent : la scalabilité a un prix, et ce prix, c’est la marge de la blockchain elle-même.

es blockchains ne captent plus qu’environ 25 % des revenus onchain, contre plus de 90 % en 2022 – Source

73 % des revenus, moins de 10 % de la capitalisation boursière

Le décalage le plus frappant ne concerne pas les blockchains, mais la Bourse crypto dans son ensemble. Les protocoles de finance décentralisée captent 73 % de l’ensemble des frais générés sur la chaîne, alors que leur poids cumulé dans la capitalisation totale du marché reste inférieur à 10 %, d’après 1kx.

Autrement dit, les applications qui gagnent réellement de l’argent ne sont pas celles que le marché valorise le plus cher. Les vingt premiers protocoles, à peine 2 % de l’échantillon étudié par le fonds, raflent à eux seuls 69 % de tous les frais onchain. Sur plus de 1 000 protocoles analysés, 71 ont dépassé les 100 millions de dollars de revenus annualisés, et 32 y sont parvenus en moins d’un an d’existence, un rythme que 1kx compare à celui des meilleures pépites de l’IA comme Cursor. Meta avait mis trois à quatre ans pour atteindre ce seuil.

Aller vite ne suffit pas : la leçon LooksRare

Toutes les success stories de l’app layer ne se valent pas. LooksRare avait généré 500 millions de dollars de frais dès son premier trimestre d’existence, en pleine folie NFT, mais avait émis exactement la même somme en récompenses pour attirer les utilisateurs. Une fois les incitations coupées, les volumes se sont évaporés presque aussi vite qu’ils étaient apparus.

La leçon vaut pour 2026 : un pic de revenus gonflé par des subventions token n’a rien à voir avec un modèle économique durable, même si les deux ressemblent au même graphique pendant quelques semaines.

Cette migration de la valeur des blockchains vers les applications n’est pas une hypothèse abstraite pour les lecteurs qui suivent l’actualité DeFi : elle explique directement pourquoi dix protocoles ont capté 87 % des revenus distribués aux détenteurs de tokens cette année, ou pourquoi Hyperliquid s’impose comme l’une des plateformes les plus rentables du secteur pendant que tant d’autres jetons stagnent. Le graphique de Blockworks ne fait que mettre un chiffre précis sur une tendance que le marché vit déjà au quotidien, protocole après protocole.

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Step App débranche : Le move-to-earn enterre l’un de ses pionniers

Quatre ans de pas comptabilisés, puis l’arrêt. Step App, l’application qui récompensait l’activité physique en cryptomonnaies, cessera toutes ses opérations le 21 août. L’équipe demande aux utilisateurs de débloquer leurs tokens placés en staking, de gérer leurs positions et de retirer leurs actifs avant la fermeture des services. Le projet appartenait à la vague du « move-to-earn » apparue en 2022. Son modèle associait suivi sportif, récompenses en KCAL, gouvernance avec FITFI et NFT représentant des chaussures virtuelles.

Points clés

Step App cesse toutes ses opérations, avec une extinction complète des services au 21 août

FITFI est passé de 0,0049 dollar à l’IDO à un sommet de 0,73 dollar, soit environ 150x, avant de s’effondrer

Bithumb a délisté FITFI mi-juillet, privant le token de l’essentiel de son volume coréen

Les survivants du move-to-earn, comme STEPN GO ou Sweat Economy, ont découplé les récompenses de l’inflation de leur token

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Step App donne jusqu’au 21 août à ses utilisateurs

L’annonce met fin à quatre années d’activité. Step App avait développé autour de son application principale un portefeuille, un service de staking, un échange décentralisé, un bridge et une place de marché. Les utilisateurs pouvaient obtenir des KCAL en marchant ou en courant, tandis que FITFI servait notamment à la gouvernance et au staking.

L’équipe revendique plus d’un million de téléchargements et des milliards de pas enregistrés. Ces indicateurs d’utilisation n’ont toutefois pas suffi à assurer la continuité du projet. Step App n’a pas détaillé précisément les raisons financières ou opérationnelles de sa fermeture.

Les détenteurs doivent intervenir avant le 21 août pour débloquer leurs tokens et récupérer les actifs encore accessibles depuis l’application. Cette échéance concerne les services de Step App, mais pas nécessairement ceux des plateformes d’échange, qui appliquent leurs propres calendriers de retrait.

L’existence des tokens sur la blockchain après cette date ne garantit ni leur liquidité ni l’accès aux interfaces nécessaires pour les déplacer. Les utilisateurs doivent donc vérifier le réseau employé, les délais de déblocage du staking et les conditions de retrait de chaque plateforme.

L’équipe de Step App annonce la fermeture des services à la fin de l’été – Source : Compte X

FITFI illustre les limites du move-to-earn

La trajectoire de FITFI résume les déséquilibres du modèle. Vendu autour de 0,0049 dollar lors de son IDO, le token avait atteint environ 0,73 dollar à son sommet, soit une multiplication proche de 150. Depuis, il a perdu plus de 99 % de sa valeur.

Le fonctionnement du move-to-earn repose sur une équation difficile à maintenir. Les utilisateurs reçoivent des tokens en échange de leur activité, ce qui crée une émission régulière. Cependant, cette offre supplémentaire doit rencontrer une demande provenant de nouveaux joueurs, du staking, des achats de NFT ou d’autres usages internes. Lorsque les inscriptions et les dépenses ralentissent, les récompenses vendues sur le marché exercent une pression durable sur le cours.

Les retraits décidés par plusieurs plateformes ont encore réduit les débouchés de FITFI. Bybit a supprimé le token de son marché spot en avril. Le 16 juillet, Bithumb a également annoncé la fin de sa prise en charge, avec un arrêt des échanges programmé le 18 août. Ces décisions réduisent la liquidité disponible et compliquent la sortie des derniers détenteurs.

La fermeture de Step App ne signifie pas la disparition complète du move-to-earn. Elle montre néanmoins que l’activité physique ne constitue pas, à elle seule, une source de revenus capable de financer durablement les récompenses distribuées. Pour les détenteurs de FITFI et de KCAL, l’urgence porte désormais sur la récupération des actifs avant l’arrêt des services. Les années fastes du move-to-earn et des NFT semblent bien derrière nous.

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Stepp App : la fin des chaussures NFT à plusieurs milliers de dollars

Step App a annoncé la fermeture définitive de ses activités après quatre ans d’existence. Symbole de l’âge d’or du Move-to-Earn, l’application rejoint la liste des projets emportés par l’éclatement de la bulle NFT, quelques années après l’époque où des chaussures virtuelles s’échangeaient contre plusieurs milliers de dollars.

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Un fondateur de plateforme NFT dilapide 10 millions de dollars en jeux et en DJing

Bien mal acquis ne profite jamais. Le proverbe s’applique presque trop bien au cas de Taj Tarsha. Le fondateur de la plateforme Few and Far, censée devenir un marché décentralisé de NFT sur la blockchain NEAR, a été inculpé le 5 août par le parquet fédéral de New York pour fraude sur titres et fraude électronique. Un nouvel épisode qui vient allonger la liste déjà longue des arnaques NFT découvertes après coup, une fois l’argent des investisseurs envolé.

Les points clés de cet article :
Le fondateur de Few and Far a été inculpé pour fraude après avoir levé 10 millions de dollars sur des promesses de rendements extraordinaires.
Les fonds des investisseurs ont été détournés pour des dépenses personnelles, révélant une mascarade éloignée du développement d’un marché NFT.
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Few and Far, ou comment lever 10 millions sur une promesse de 427 % de rendement

Dès février 2022, Tarsha commence à démarcher des investisseurs via des SAFT (Simple Agreement for Future Tokens), des contrats qui font payer aujourd’hui pour un jeton livré plus tard.

Le principe : financer le développement de la plateforme et du jeton FAR en échange de rendements annuels promis jusqu’à 427 %. Un chiffre qui aurait dû, à lui seul, allumer un signal d’alarme.

De fait, ces ventes lui permettent de récolter plus de 10 millions de dollars auprès d’au moins 67 investisseurs, pour 95 millions de jetons FAR qui, à l’époque, n’existaient tout simplement pas encore. Tarsha détenait la totalité du capital de Few and Far via une entité panaméenne, seul maître à bord d’une société qui comptait pourtant deux autres cofondateurs.

L’argent des investisseurs a fini au casino, sur des cryptos spéculatives et dans un condo à Miami

Selon l’acte d’accusation du parquet fédéral, Tarsha a détourné les fonds presque immédiatement. Il s’accorde d’abord un salaire annuel de 360 000 dollars, maintenu même quand il reconnaît lui-même que l’entreprise génère un chiffre d’affaires « quasiment nul ».

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Les fonds partent ensuite dans des paris sur un casino en ligne, dans l’achat de cryptomonnaies spéculatives pour son propre compte, dans près d’un million de dollars planqués sous forme de deux bonus dissimulés aux investisseurs et à un cofondateur, dans un prêt de près d’un million pris sur la trésorerie pour financer un condominium de luxe à Miami, dans des travaux de décoration d’intérieur, et jusque dans le financement de son hobby de DJ. Difficile de faire plus éloigné du développement d’un marché NFT sur la blockchain NEAR.

Un audit qui met tout à jour, puis une fuite en avant jusqu’en 2024

En juin 2023, un audit interne finit par mettre au jour le détournement. Plutôt que d’arrêter les frais, Tarsha aurait menti aux investisseurs en affirmant que les bonus étaient liés à des objectifs de prévente atteints et que l’argent servait toujours la mission de l’entreprise.

En réalité, il avait déjà licencié la quasi-totalité du personnel et chargé le seul prestataire restant de simuler une activité de développement qui n’existait plus. Il aura tenu la mascarade encore un an, continuant de puiser dans les fonds des investisseurs pour ses achats personnels. Quand le jeton FAR finit par sortir, en mai 2024, plus de deux ans après le lancement du projet, il ne vaut déjà plus rien. Sa cotation s’arrête peu après.

Deux chefs d’accusation, 20 ans de prison chacun, et un dossier loin d’être isolé

Tarsha, 34 ans, domicilié à Miami, avait été arrêté le 6 juin dernier ; l’inculpation formelle du 5 août porte deux chefs, fraude sur titres et fraude électronique, chacun passible d’un maximum de 20 ans de prison.

Le dossier est confié au juge fédéral Lewis A. Kaplan, et la présomption d’innocence reste évidemment de mise tant que la culpabilité n’a pas été établie devant un tribunal. Le secteur des NFT, déjà retombé de très haut depuis l’euphorie de 2021-2022, cumule ce genre d’affaires. Un fondateur de projet NFT accusé d’avoir détourné plusieurs millions de dollars faisait déjà les gros titres l’an dernier. À chaque fois, des promesses de rendement intenables, un contrôle total confié à une seule personne, et des investisseurs qui découvrent la vérité une fois l’argent disparu.

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Fuite des millionnaires français : pourquoi la crypto et les grandes fortunes atterrissent au même endroit

Les rats quittent le navire. Deux rapports, deux publics différents, une même destination. D’un côté, les grandes fortunes françaises que Henley & Partners, cabinet spécialisé dans la résidence et la citoyenneté par investissement, voit filer vers des juridictions plus prévisibles. De l’autre, les entreprises crypto que la régulation européenne MiCA pousse littéralement dehors depuis le 1er juillet. Deux mouvements de capitaux, deux calendriers, deux administrations à l’origine du problème. Et pourtant, sur la carte du monde, les flèches convergent invariablement vers le même point : les Émirats arabes unis. Ce dossier reconstitue le fil complet de cette double fuite, des chiffres qui se contredisent aux quotas d’agréments qui ne mentent pas.

Les points clés de cet article :

Les Émirats arabes unis ont attiré à la fois les grandes fortunes françaises et les entreprises crypto en quête de stabilité fiscale et réglementaire.
La régulation européenne MiCA a poussé de nombreuses entreprises crypto à quitter l’Europe, renforçant l’attrait des Émirats comme destination privilégiée.

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Fuite des millionnaires : Le rapport qui fâche Bercy

Le 16 juin 2026, Henley & Partners publiait la nouvelle édition de son Private Wealth Migration Report, avec une méthodologie repensée : un score de compétitivité de mobilité patrimoniale sur 100, calculé à partir de 38 indicateurs pondérés (fiscalité, État de droit, qualité de vie, stabilité géopolitique). La France y obtient 65,7, la classant parmi les « juridictions compétitives sous pression », aux côtés de l’Allemagne, du Royaume-Uni et de la Corée du Sud. Les Émirats arabes unis, eux, culminent à 85,3, l’un des meilleurs scores du classement mondial, devant même Singapour.

Les demandes de résidence ou de citoyenneté déposées par des ressortissants français auprès du cabinet sont passées du top 40 des nationalités clientes en 2024 au top 15 en 2026. De fait, selon Guenther Dobrauz-Saldapenna, responsable Europe chez Henley & Partners :

« La France n’est pas devenue inattractive. Elle est devenue moins compétitive, précisément sur les critères que la fortune internationalement mobile pèse le plus lourdement. »

Une nuance qui change tout : ce n’est pas un exode de panique, c’est un arbitrage patient, mené par des familles qui traitent la résidence fiscale comme une ligne de portefeuille parmi d’autres.

L’édition précédente du rapport, publiée en 2025, donnait un chiffre plus brut : une perte nette d’environ 800 millionnaires français sur l’année, chacun emportant en moyenne plusieurs millions d’euros. La pression fiscale sur les hauts revenus (la contribution différentielle de 20 % qui vise les foyers au-delà de 250 000 euros annuels), l’instabilité gouvernementale chronique et la perspective récurrente d’un impôt sur la fortune façon Zucman expliquent l’essentiel de ce mouvement.

Le turn over des millionnaires

Méfions nous toutefois des chiffres. Deux semaines après Henley, le 30 juin 2026, la banque suisse UBS publiait son propre Global Wealth Report 2026. Et son verdict sur la France est, en apparence, à l’exact opposé : le pays a créé environ 35 000 nouveaux millionnaires en dollars en 2025, la plus forte progression de toute l’Union européenne, portant le total à près de 2,4 millions de résidents fortunés.

Deux rapports sérieux, deux résultats qui semblent se contredire frontalement. Sauf qu’ils ne mesurent pas la même chose. UBS compte la richesse totale détenue par des résidents français, gonflée par la hausse des marchés actions et de l’immobilier : des gens deviennent millionnaires sur le papier sans jamais quitter leur salon. Henley, à l’inverse, traque un flux beaucoup plus étroit : les grandes fortunes internationalement mobiles qui changent activement de résidence fiscale. La France s’enrichit globalement tout en perdant sa frange la plus mobile, celle qui a justement les moyens et les réseaux pour partir. Un pays peut très bien fabriquer des millionnaires par milliers pendant que ses cent ou mille plus grandes fortunes, elles, font leurs valises.

Et les cryptomonnaies dans tout ça ?

Fin octobre 2025, l’Assemblée nationale a voté, à 163 voix contre 150, un amendement transformant l’impôt sur la fortune immobilière (IFI) en un impôt élargi sur la « fortune improductive ». Au menu : Bitcoin, Ethereum, stablecoins et NFT, traités au même titre qu’un yacht ou une toile de maître, avec un taux unique de 1 % au-delà d’un seuil de patrimoine. Le Sénat a ensuite proposé sa propre mouture, avec un seuil relevé à 2,57 millions d’euros.

Aucune des deux versions n’a survécu au passage en force du 49.3. Comme nous l’expliquions en janvier, le gouvernement Lecornu a retiré ces deux dispositions de la version définitive du budget 2026, adoptée le 22 janvier.

La crypto a donc été épargnée, pas exonérée à vie : un sursis d’un exercice budgétaire, obtenu à une poignée de voix près, et que le Sénat a déjà montré qu’il pouvait faire revivre sous une forme concurrente l’année suivante. Pour un détenteur de cryptoactifs qui suit ce dossier de près, la vigilance reste de mise à chaque nouveau budget.

MiCA, le deuxième front de l’exode des millionnaires

Pendant que Paris tergiversait sur la fiscalité des particuliers, un second mouvement, cette fois entièrement réglementaire, redessinait la carte des entreprises crypto européennes. Le 1er juillet 2026 marquait la fin de la période transitoire de MiCA (Markets in Crypto-Assets), le règlement européen qui encadre le secteur. Sur les 117 plateformes françaises enregistrées sous l’ancien statut PSAN, seules 83 ont obtenu leur agrément européen dans les temps, Binance en tête des recalées, contrainte de suspendre ses services aux clients français. À l’échelle du continent, seules 244 licences MiCA avaient été délivrées fin juin, l’Allemagne en tête avec 57 agréments.

Erald Ghoos, le patron d’OKX Europe, avançait début juillet un chiffre qui donne le vertige : 80 % des entreprises crypto ne survivraient pas à MiCA. Résultat immédiat : Coinbase et OKX ont lancé une guerre de bonus, jusqu’à 8 % des dépôts transférés, pour récupérer une partie des 450 millions d’utilisateurs européens laissés en plan par Binance. Mais pour les fondateurs les plus petits, sans les reins financiers pour absorber deux ans de mise en conformité, la sortie reste souvent la seule option.

Irina Heaver, avocate chez NeosLegal à Dubaï, reçoit plus de 120 demandes par semaine de la part d’entrepreneurs voulant s’installer aux Émirats, dont la moitié venue d’Europe. « Les demandes des fondateurs européens ont explosé, confie-t-elle. Ils cherchent à déplacer eux-mêmes, leur fortune et leur potentiel intellectuel vers un pays qui les accueille à bras ouverts. » Sa formule sur l’origine du problème ne manque pas de mordant : « Quand on confie aux renards le soin d’écrire les lois qui protègent les poules, on obtient MiCA. »

Dubaï, guichet unique pour les deux fortunes

Voilà le nœud de ce dossier : les Émirats arabes unis raflent la mise des deux côtés à la fois, pour des raisons qui se recoupent sans être identiques. Côté fortune classique, c’est la destination numéro un mondiale de la migration patrimoniale depuis deux ans, portée par l’absence d’impôt sur le revenu et les gains en capital.

Côté crypto, le Crypto Wealth Report du même cabinet Henley recense 241 700 personnes détenant plus d’un million de dollars en actifs numériques dans le monde, en hausse de 40 % en un an. Zéro impôt sur le trading, le staking ou le minage, une autorité de régulation dédiée (la VARA) depuis 2022, plus de 650 entreprises blockchain installées rien qu’au sein du DMCC Crypto Centre de Dubaï, et un accès direct à un marché de quatre milliards de clients potentiels en Asie et en Afrique du Nord.

Deux flux de capitaux, deux calendriers administratifs, une seule destination qui construit patiemment son guichet unique pour la richesse mobile, qu’elle dorme dans un compte-titres ou dans un cold wallet.

Qu’est-ce qui fait fuir les millionnaires crypto ?

La lecture la plus répandue de cette actualité s’arrête généralement à l’un des deux volets : soit l’angle « riches qui fuient les impôts », soit l’angle « crypto qui fuit la régulation ». Or les deux se nourrissent du même terreau, celui d’un cadre fiscal et réglementaire français et européen jugé imprévisible, révisé à chaque exercice budgétaire au gré des rapports de force parlementaires.

Le sursis accordé à la crypto en janvier n’a rien réglé sur le fond : il a simplement montré qu’une poignée de voix suffit à faire basculer, du jour au lendemain, une classe d’actifs entière dans l’assiette d’un nouvel impôt. Tant que cette incertitude perdurera, MiCA continuera d’alimenter le même courant vers Dubaï que celui qui a déjà emporté 800 grandes fortunes classiques l’an dernier. Deux exodes, un seul port d’arrivée.

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FIFA : 20 milliards de dollars liés à un fonds proche de Trump, l’UEFA se rebiffe

Le football n’est pas une question de vie ou de mort, c’est bien plus important que ça. Bill Shankly plaisantait à moitié. La FIFA, elle, semble prendre la formule au pied de la lettre côté finances. L’instance qui régit le football mondial a dévoilé un projet de privatisation partielle qui ferait pâlir plus d’un fonds d’investissement classique : loger ses droits TV, son sponsoring et ses événements dans une nouvelle entité, FIFA Forward Enterprise, puis en céder jusqu’à 21% pour une valorisation totale de 20 milliards de dollars. Sur le papier, une manœuvre financière comme il en existe des dizaines. Sauf que le nom qui circule pour piloter l’opération a immédiatement transformé un simple montage capitalistique en polémique diplomatique, autour d’une FIFA qui n’en est déjà plus à son premier pari financier atypique.

Les points clés de cet article :
La FIFA a révélé un projet de privatisation partielle de ses activités commerciales, incluant les droits TV et le sponsoring, dans une nouvelle entité, FIFA Forward Enterprise, valorisée à 20 milliards de dollars.
Ce projet suscite une polémique en raison du rôle pressenti de Joshua Kushner, frère de Jared Kushner, et de l’absence de transparence dénoncée par l’UEFA, qui menace même d’un boycott historique de la Coupe du Monde.

Fifa : Un montage à 20 milliards de dollars qui fait polémique

Comme le résume Sportico, le projet FIFA Forward Enterprise prévoit de regrouper l’essentiel des activités commerciales de la fédération. Objectif affiché : lever environ 4,2 milliards de dollars en cash immédiat tout en gardant, promet la FIFA, « l’autorité exclusive » sur la gouvernance sportive, le calendrier des compétitions et les décisions réglementaires.

Un découplage classique entre le pouvoir décisionnel et la manne financière. Reste que le nom pressenti pour mener la levée de fonds change complètement la tonalité du dossier : Joshua Kushner, via son fonds Thrive Eternal. Précisons tout de suite, parce que la confusion circule beaucoup : il s’agit du frère de Jared Kushner, gendre de Donald Trump, et non de Jared Kushner lui-même, qui n’apparaît à ce stade dans aucune liste d’investisseurs. Une nuance qui compte, mais qui ne suffit visiblement pas à calmer les esprits.

L’UEFA sort l’artillerie lourde

Et de fait, l’instance européenne n’a pas mâché ses mots. Selon ESPN, l’UEFA juge que « l’âme et la gouvernance du football ne sont pas des actifs à négocier, surtout sans la moindre transparence sur qui en tirera les bénéfices ». Des sources internes évoquent même, toujours selon ESPN, la possibilité d’un boycott historique de la Coupe du Monde par les fédérations européennes. Un scénario qui, il y a encore un an, aurait semblé totalement invraisemblable.

Par ailleurs, selon des informations du Times de Londres, relayées par Forbes, Gianni Infantino aurait lui-même consulté l’administration Trump avant la présentation officielle du projet, sans que la FIFA n’en fasse mention publiquement. Voilà qui alimente d’autant plus les soupçons d’un dossier négocié dans les coulisses plutôt que débattu ouvertement devant les instances du football mondial.

Le sport, nouveau terrain de jeu de la finance politique

Le vrai sujet dépasse largement le football. Depuis quelques années, les frontières entre capitaux privés, politique et grand sport s’effacent à vitesse grand V : sponsors crypto sur les maillots, tickets tokenisés, et maintenant des parts d’une fédération entière convoitées par des fonds proches du pouvoir américain. La FIFA n’en est d’ailleurs pas à son coup d’essai côté blockchain, elle qui a déjà lancé sa propre chaîne pour héberger ses NFT après avoir quitté Algorand. Ce nouveau chapitre financier s’inscrit dans une logique déjà entamée : monétiser chaque parcelle de son patrimoine, qu’il s’agisse de collectibles numériques ou, désormais, de ses propres droits commerciaux.

Reste que la différence de nature saute aux yeux. Vendre des jetons numériques et vendre 21% du cœur financier de l’institution, ce n’est pas tout à fait la même partie qui se joue. Et si l’UEFA met sa menace à exécution, la Coupe du Monde 2026, déjà courtisée par les exchanges crypto comme sponsors officiels, pourrait se retrouver au cœur d’un bras de fer bien plus vaste que celui du simple financement du sport.

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