Render Network : le réseau de GPU décentralisé qui veut révolutionner l’IA

Analyse fondamentale. Si vous suivez l’écosystème crypto depuis quelques années, vous avez forcément croisé le nom de Render. Lancé en 2017, le projet est l’un des pionniers du GPU décentralisé — et l’un des rares à avoir survécu à plusieurs cycles avec des utilisateurs réels qui paient pour utiliser le réseau. Aujourd’hui, alors que la course au compute IA s’accélère, Render tente un pivot stratégique vers l’inférence IA et l’entraînement de modèles. Est-ce une vraie réinvention ou un essoufflement déguisé ? Penchons-nous sur les points essentiels du projet pour y voir plus clair.

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Histoire de Render, équipe et investisseurs

L’histoire de Render commence avant la blockchain. En 2009, Jules Urbach fonde OTOY Inc, une société américaine spécialisée dans la technologie de rendu graphique. Un an plus tard, OTOY lance OctaneRender, un moteur de rendu GPU path-tracing en temps réel qui devient rapidement une référence dans l’industrie de l’animation 3D et des effets visuels. OctaneRender est utilisé par des studios majeurs et compte parmi sa clientèle des noms aussi divers que la NASA, le studio créatif derrière les visuels du Las Vegas Sphere ou la production Pudgy Penguins côté NFT.

Le constat à l’origine de Render Network est simple. Le rendu 3D haute qualité est extrêmement gourmand en GPU. Un artiste indépendant ou un petit studio peut attendre des heures, voire des jours, pour qu’une scène complexe soit rendue sur sa propre machine. Inversement, des milliers de GPU à travers le monde restent inutilisés une grande partie de la journée. L’idée de Render est de connecter ces deux mondes : permettre à n’importe quel propriétaire de GPU de louer sa puissance de calcul aux artistes qui en ont besoin, le tout coordonné par une blockchain.

Le Render Network est annoncé en 2017, avec une vente publique de tokens RNDR sur Ethereum. Mais le vrai lancement opérationnel n’arrive qu’en avril 2020, lorsque le mainnet est mis en ligne. À cette date, Render est déjà loin d’être un projet purement spéculatif : il s’appuie sur OctaneRender, qui dispose d’une base d’artistes professionnels habitués à payer pour ce service.

En novembre 2023, le projet prend une décision majeure : la migration d’Ethereum vers Solana. Approuvée par la gouvernance via une proposition de vote de gouvernance fin 2022 / début 2023, cette migration vise à réduire drastiquement les frais et la latence — deux frictions critiques dans un modèle où chaque job de rendu génère plusieurs micro-paiements. Le ticker passe de RNDR à RENDER, dans un ratio 1:1.

Côté équipe, Jules Urbach reste la figure de proue, en parallèle CEO d’OTOY et porte-voix public du projet. Le développement est partagé entre OTOY Inc. (qui développe la technologie de rendu et reçoit 5 % des frais protocole en tant que primary service provider) et la Render Network Foundation, qui assure la coordination de la communauté, l’allocation des grants et la gouvernance.

Sur le volet financement, Render a effectué sa principale levée en décembre 2021 (~30 millions de dollars), avec Multicoin Capital comme lead investor, accompagné de plusieurs fonds crypto reconnus. Il faut noter que le projet n’a pas eu besoin de tour de table récent : il s’autofinance désormais en grande partie via les émissions du protocole. Aujourd’hui, Render se classe parmi les plus grosses capitalisations du GPU DePIN, autour de 750 millions de dollars de capitalisation, pour une FDV proche de 933 millions au moment de cette analyse.

Logo de Render

Comment fonctionne le réseau

Le fonctionnement de Render repose sur un principe clair : un marketplace décentralisé où les créateurs (artistes, studios, développeurs IA) soumettent des jobs et où les opérateurs de nœuds (propriétaires de GPU compatibles) les exécutent en échange de tokens RENDER.

Concrètement, voici ce qui se passe quand un artiste 3D veut rendre une scène complexe. Il se connecte à render.x.io, charge ses fichiers, paie en Render Credits (l’équivalent fiat acheté via PayPal ou Stripe et converti en RENDER on-chain) ou directement en RENDER. Le système attribue automatiquement le job à un nœud disponible, qualifié pour la tâche. Le nœud exécute le rendu, l’artiste valide le résultat, et les tokens sont libérés. Si l’artiste ne valide pas dans les 72 heures, l’approbation est automatique.

L’architecture du réseau est ce qu’on appelle dual-layer, c’est-à-dire répartie sur deux niveaux distincts.

Le Layer 1 (off-chain) gère le travail technique. Le rendu réel s’exécute via OctaneRender, le moteur historique d’OTOY. Les fichiers de l’artiste sont chiffrés de bout en bout pendant tout le processus, et un système de watermarking protège les créations jusqu’à validation finale. Cela répond à une inquiétude légitime : confier des assets créatifs sensibles à un opérateur anonyme à l’autre bout du monde demande des garanties de confidentialité.

Le Layer 2 (on-chain, sur Solana) gère la coordination, les paiements et la gouvernance. C’est là que sont enregistrées les transactions, les preuves de complétion et les votes. La migration vers Solana a permis de rendre cette couche financièrement viable, là où Ethereum faisait exploser les coûts pour de petits jobs.

Pour adapter l’offre à différents profils d’utilisateurs, Render propose un système de tarification multi-niveaux (Multi-Tier Pricing) :

Tier 1 (Trusted Partners) : nœuds haute réputation, exécution prioritaire, prix plus élevé. À noter : ce tier n’est pas encore actif, malgré son annonce.

Tier 2 (Priority) : qualité élevée, tarif intermédiaire. Actif.

Tier 3 (Economy) : prix plus bas, délais plus longs. Actif.

Cette segmentation permet à un studio professionnel pressé d’opter pour un service rapide et fiable, tandis qu’un étudiant ou un freelance peut accepter d’attendre plus longtemps en échange d’un coût réduit.

Plus récemment, en décembre 2025, Render a fait une annonce majeure à la conférence Solana Breakpoint : le lancement de Dispersed, un nouveau subnet dédié au compute IA. L’idée est d’élargir l’usage du réseau au-delà du rendu 3D pour adresser le marché de l’inférence et de l’entraînement de modèles. C’est un pivot logique — le marché du compute IA est plusieurs ordres de grandeur plus gros que celui du rendu 3D — mais aussi un pari stratégique sur un terrain où la concurrence est rude (Akash, io.net, Aethir, sans parler des géants centralisés comme CoreWeave ou Lambda Labs). Les volumes IA sur Dispersed restent à ce stade modestes, mais c’est un chantier à surveiller.

Tokenomics, écosystème et roadmap

Le mécanisme Burn-and-Mint Equilibrium

C’est ici que Render se distingue véritablement de la plupart des projets crypto. Le protocole utilise depuis 2023 un mécanisme appelé Burn-and-Mint Equilibrium (BME), souvent considéré comme l’un des designs économiques les plus élégants de l’industrie.

Le principe est le suivant. Quand un créateur paie pour un rendu, 95 % du coût en RENDER est immédiatement brûlé (détruit définitivement, ce qui réduit l’offre). Les 5 % restants sont reversés à OTOY en tant que primary service provider du réseau. En parallèle, et selon un calendrier d’émission décroissant prédéfini, de nouveaux RENDER sont mintés pour rémunérer les opérateurs de nœuds. À l’équilibre théorique, les burns compensent les mints, et le système devient neutre voire déflationniste à mesure que l’usage croît.

Sur le papier, c’est superbe. Chaque job réel contribue à réduire l’offre. Plus le réseau est utilisé, plus le token devient rare.

En pratique, le tableau est plus nuancé. Sur les 9 premiers mois de 2025, environ 530 000 RENDER ont été brûlés, soit une croissance de près de 279 % par rapport à 2024. C’est un signal fort, qui montre que la demande organique sur le réseau augmente vraiment. Mais en parallèle, les émissions vers les opérateurs sont restées environ 4 fois supérieures aux burns au rythme annualisé. Autrement dit, le BME fonctionne, mais le mécanisme n’est pas encore à l’équilibre, et l’offre nette continue de croître. Pour qu’il bascule en territoire déflationniste, l’usage devrait encore nettement accélérer.

D’après nos estimations, l’inflation reste minime de 0,7% à 1,4% annuellement a ce rythme la.

Allocation et supply

Le supply max de RENDER est plafonné à 644 millions de tokens par vote de gouvernance. Sur Solana, la chaîne native depuis la migration de novembre 2023, environ 472 millions de RENDER sont visibles on-chain à ce jour (Solscan retenu comme référence : les agrégateurs divergent sensiblement sur ce chiffre, probablement du fait de la migration ETH→Solana qui rend la comptabilité multi-chaîne complexe à réconcilier). 

Un point spécifique mérite l’attention de l’investisseur : environ 193 millions de RENDER font partie d’une catégorie qualifiée d’untracked. Ces tokens sont alloués à différents partenaires et tranches d’escrow et peuvent être appelés sans calendrier public clair. Cela représente environ 36 % du FDV (Fully Diluted Valuation) — une masse non négligeable qui peut peser lourd sur le prix si elle se libère par vagues sur le marché.

Écosystème et traction

Côté traction, Render affiche des chiffres tangibles :

Plus de 71 millions de frames rendues en cumulé depuis le lancement (Dashboard Render Network, mars 2026)

On estime entre 90 000 à 120 000 holders pour le token RENDER, une base solide pour un projet de cette catégorie.

Présence active sur Solana, avec une intégration profonde via Jupiter pour les conversions

L’écosystème reste fortement ancré dans la communauté 3D et VFX professionnelle. Render n’est pas un projet purement crypto, c’est un service technique qui s’appuie sur Solana pour orchestrer ses paiements, sa gouvernance et sa mécanique de burn, mais dont la valeur d’usage repose sur OctaneRender et les pipelines créatifs hors crypto. Donc nous ne sommes pas dans un réseau 100% permission less. 

Mais finalement ce qui paraît généralement comme un défaut dans la crypto, ici devient peut-être le meilleur atout de RENDER : la base d’utilisateurs organiques en dehors du cycle spéculatif crypto, et le savoir-faire d’OTOY contribue à expliquer pourquoi les burns continuent de croître malgré la baisse du token.

La roadmap qui s’annonce

Plusieurs catalyseurs sont à surveiller dans les prochains mois :

Subnet Salad (RNP-023) : approuvé à 98,86 % à RenderCon mi-avril 2026, le subnet apporte environ 60 000 GPUs daily active avec règlement on-chain en RENDER, qui alimente directement le mécanisme de burn.

RNP-021 et GPUs enterprise : la proposition retravaillée fin 2025 vise à ouvrir le réseau aux NVIDIA H100/H200 et AMD MI300X, ticket d’entrée pour les workloads d’entraînement IA et de génération vidéo lourde.

Intégrations Model Context Protocol (MCP) : démontrées en live à RenderCon pour Blender, OctaneRender et Dispersed, elles permettent à un agent IA de déclencher un job de rendu décentralisé directement depuis l’outil créatif.

Une friction à garder en tête : la latence

Pour du rendu 3D, peu importe qu’une scène mette deux heures au lieu d’une et demie. Pour l’inférence IA en temps réel — typiquement les apps qui doivent répondre en moins d’une seconde, comme un chatbot — c’est un autre sujet. Et aucun protocole GPU décentralisé, Render compris, ne s’engage contractuellement sur un délai de réponse.

Le mot de la fin

Render Network reste sans aucun doute l’un des projets les plus établis du GPU DePIN (sur les 10 que nous avons passés au peigne fin) au moment où nous écrivons ces lignes. Une équipe qui ne date pas d’hier, une technologie éprouvée (OctaneRender), une base d’utilisateurs organiques en dehors du cycle crypto, un mécanisme économique sophistiqué et fonctionnel, et un pivot stratégique vers l’IA qui s’appuie sur des fondations techniques sérieuses. Tous les ingrédients d’un projet à long terme y sont.

Mais il faut être honnête sur les zones d’ombre. Le BME fonctionne, mais n’est pas à l’équilibre, il faudra une accélération significative de l’usage pour que le token devienne véritablement déflationniste (sans même tenir compte du paradoxe structurel du BME. Les 193 millions de RENDER dits untracked représentent une dilution potentielle qui ne peut pas être ignorée. Et la concurrence, à la fois côté DePIN (Akash, Aethir, io.net) et côté centralisé (CoreWeave, Lambda Labs, Together AI), sont extrêmement agressive, ces acteurs centralisés sont collectivement plus de 100 fois plus gros que l’ensemble du DePIN, et ils sont entrain de baisser leurs prix.

Côté valorisation, le token RENDER se traite aujourd’hui autour de 1,84 dollar, soit environ 86 % en dessous de son sommet de mars 2024 (autour de 13,60 dollars). Cette correction reflète à la fois le bear market crypto, la pression dilutive structurelle, et le fait que le BME n’a pas encore atteint l’équilibre. Pour un investisseur, la question n’est pas tant « est-ce que le token est bon marché ? », il l’est, comparativement à ses sommets, mais « est-ce que la mécanique économique va basculer en territoire déflationniste dans les 12 à 24 mois à venir, et réussir à contrer le paradoxe du BME ? ». La réponse honnête est : peut-être, mais ce n’est pas encore acquis.

Notre avis : Render est un projet qu’on garde très sérieusement sous le radar. Le couple risque/profondeur fondamentale est probablement le meilleur du segment GPU DePIN. RenderCon vient tout juste de se tenir et a livré deux marqueurs concrets, l’approbation du subnet Salad et les premières intégrations MCP en production.

Ce que nous suggérons d’observer en priorité dans les prochains mois : l’évolution mensuelle du ratio burn/émission, la matérialisation effective des revenus du subnet Salad dans les Foundation Reports, et tout signal sur l’arrivée effective du staking promis depuis 2023. Si ces trois indicateurs convergent positivement dans l’année qui vient, la thèse Render se renforcera fortement. Sinon, le projet restera un bon projet à juste titre, mais sans bascule fondamentale.

À surveiller. Pas à acheter sur un coup de tête.

Cette chronique synthétise les conclusions de nos recherches publiées sur cryptodeep.io.

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La fin des gains faciles ? La crypto entre dans l’âge de raison

La fête est finie. L’analyse des flux financiers au sein des technologies décentralisées révèle une division sectorielle marquée au cours du premier trimestre 2026. Une lecture courante suggère que la finance traditionnelle absorbe progressivement les segments majeurs du marché à travers les fonds négociés en bourse (ETF) et les jetons indexés sur les devises physiques. Cependant, cette observation omet une dynamique parallèle caractérisée par le déclin autonome de certains actifs crypto et la réorientation des investisseurs particuliers vers des outils d’évaluation et de rendement plus stables. Ce phénomène dessine une reconfiguration structurelle où la recherche de gains ne dépend plus d’une hausse généralisée, mais d’une sélection rigoureuse. La répartition des capitaux indique que les différentes composantes n’évoluent plus de manière synchronisée. Les choix des utilisateurs se portent désormais sur des infrastructures aux modèles économiques vérifiables. Explications.

Les points clés de cet article :Le secteur crypto a connu une division notable, avec une absorption par la finance traditionnelle et un déclin autonome de certains actifs.
Les marchés de prédiction et la finance décentralisée mature émergent comme les nouveaux piliers de croissance, marquant une transition vers des rendements stables et une gestion patrimoniale raisonnée.
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L’institutionnalisation des actifs « sérieux » et l’érosion des modèles crypto spéculatifs

Dans une analyse originale, le fondateur de Green Dots fait le constat suivant : Bitcoin et les stablecoins font désormais partie intégrante de l’écosystème financier institutionnel, les canaux d’investissement traditionnels ayant capté une part significative de l’offre disponible.

Cette intégration offre une exposition stable aux investisseurs institutionnels, mais elle réduit la volatilité et les rendements élevés qui caractérisaient les cycles précédents pour les particuliers. En parallèle, les secteurs du jeu vidéo décentralisé (GameFi) et des jetons non fongibles (NFT) enregistrent des baisses d’activité historiques dues à l’épuisement de leurs propres modèles économiques.

Les structures basées sur le principe du gain par le jeu s’effondrent dès que l’afflux de nouveaux utilisateurs ralentit, entraînant l’abandon de la grande majorité des projets. De la même manière, le marché des œuvres numériques uniques se situe à des niveaux d’activité comparables à ceux de l’année 2021, la plupart des collections ayant perdu la quasi-totalité de leur valeur transactionnelle.

Quant aux jetons à vocation purement spéculative ou humoristique, bien qu’ils connaissent des hausses brèves, les données techniques indiquent que les volumes restent concentrés entre les mains de grands détenteurs et d’initiés et les acheteurs tardifs subissent ainsi des transferts de richesse défavorables.

Le recul de ces compartiments ne découle pas d’une intervention de la finance traditionnelle, mais plutôt d’une perte d’attrait intrinsèque de leurs récits fondateurs auprès du grand public.

Les plateformes de prédiction s’imposent de leur côté comme le principal vecteur de croissance pour les investisseurs particuliers, affichant une progression notable de leurs volumes d’échange mensuels. Cette catégorie d’applications attire un public régulier car elle propose un outil d’analyse et d’information sur l’évolution du monde qui dépasse le simple cadre spéculatif.

Et si la crypto était entré dans l’âge de raison ? – Source : Compte X

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L’émergence des marchés de prédiction et la normalisation des rendements

La majorité des transactions y reste modeste, ce qui confirme l’adoption par des particuliers plutôt que par des structures institutionnelles masquées. L’engagement des utilisateurs s’intensifie avec une augmentation significative du nombre de jours d’activité par portefeuille, démontrant une fidélisation autour de données à valeur informative réelle.

Simultanément, les mécanismes de génération de rendement de la finance décentralisée entrent dans une phase de maturité caractérisée par des taux d’intérêt plus faibles mais viables à long terme. Les solutions de dépôt participatif avec maintien de liquidité offrent désormais des rendements annuels stables, complétées par des plateformes réglementées de jetons indexés proposant des performances similaires.

Enfin, les taux d’intérêt disproportionnés du passé s’effacent au profit de modèles de prêt adossés à des actifs tangibles du monde réel. Cette normalisation des gains protège les capitaux des utilisateurs contre les risques de liquidation systémique tout en assurant des revenus réguliers.

Les perspectives pour les prochains mois privilégient une évolution latérale du marché global, rendant obsolètes les stratégies d’achat indifférencié d’actifs secondaires. Le processus d’institutionnalisation sécurise les fondations des valeurs établies tandis que les secteurs purement spéculatifs s’épurent d’eux-mêmes. La rentabilité des portefeuilles dépendra désormais d’une participation active aux services à utilité concrète, comme les marchés de prévision et les protocoles de rendement supervisés. Cette transition vers un environnement plus sélectif et exigeant marque la fin des gains fortuits au profit d’une gestion patrimoniale numérique raisonnée. La crypto entrerait-elle dans l’âge de raison ? Les degens ont-ils abandonné la partie ? Confirmation (ou pas) dans les mois qui viennent.

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Irlande : Un ancien gangster fait campagne pour Bitcoin et les cryptos

Bitcoin en campagne. Certaines candidatures attirent le regard et la presse et celle de Gerry Hutch, ancien gangster irlandais reconverti en politicien d’occasion, en fait clairement partie. Pour exister dans une circonscription dublinoise saturée de visages connus, l’homme a choisi un angle aussi inattendu qu’efficace : la défense de Bitcoin et des cryptomonnaies (avec un zeste d’anti-système assumé). Une stratégie qui n’est pas sans évoquer celle de plusieurs candidats américains lors du cycle 2024.

Les points clés de cet article :Gerry Hutch, ancien gangster irlandais, a choqué en se lançant en politique avec une campagne axée sur la défense du Bitcoin.
L’Irlande impose lourdement les cryptomonnaies, et Hutch promet une réduction drastique de cette taxation pour séduire les électeurs.
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Bitcoin s’invite dans la campagne électorale irlandaise

Gerry Hutch est un nom familier des services de police irlandais. Impliqué dans plusieurs affaires criminelles, dont un meurtre survenu en 2016, il a finalement été acquitté en 2023 faute de preuves suffisantes. Une page judiciaire tournée, donc, mais pas vraiment oubliée du grand public.

C’est dans ce contexte que l’intéressé annonce sa candidature à l’élection législative partielle de la circonscription de Dublin Central, prévue le 22 mai prochain. Et plutôt que de tenter un classique exercice de réhabilitation, il a opté pour un positionnement de niche : faire de la fiscalité crypto un de ses principaux axes de campagne.

Le choix n’est pas anodin. L’Irlande figure parmi les juridictions européennes les plus dures sur le sujet, avec une imposition des plus-values en cryptomonnaies qui peut grimper jusqu’à 33 %. Gerry Hutch promet une baisse drastique de cette taxation, espérant ainsi rallier une communauté d’investisseurs et d’entrepreneurs Web3 souvent ignorée des partis traditionnels.

Ses adversaires politiques, eux, n’y voient qu’une opération d’image : surfer sur la popularité de Bitcoin pour redorer un blason judiciaire encore très terni. L’argument est commode, mais il occulte une réalité, à savoir que les électeurs irlandais détenant des actifs numériques n’ont, à ce jour, aucun porte-voix crédible au Parlement.

Voici un candidat aux législatives irlandaises avec un prédigré plutôt original – Source : Compte X

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Une stratégie qui rappelle celle de certains candidats US

La démarche de Gerry Hutch n’a cependant rien d’inédit. Aux États-Unis, plusieurs candidats à la présidentielle de novembre 2024 avaient déjà fait du soutien à Bitcoin un marqueur de campagne, dans l’espoir de capter un électorat jeune, technophile et politiquement volatil.

Robert F. Kennedy Jr. en est l’exemple le plus marquant. Le candidat indépendant avait placé Bitcoin au cœur de ses meetings, allant jusqu’à déclarer détenir personnellement pour 14 millions de dollars en BTC. Donald Trump, de son côté, a poussé la logique encore plus loin : lancement d’une collection de NFT à son effigie, déclaration de plusieurs centaines de millions de dollars d’avoirs en cryptomonnaies, et promesse de faire des États-Unis « la capitale mondiale du Bitcoin ».

On connaît la suite. Trump a remporté l’élection et, depuis son investiture en janvier 2025, l’administration américaine a multiplié les signaux favorables à l’industrie, de la nomination d’un crypto czar à la mise en place d’une réserve stratégique en Bitcoin. La preuve, s’il en fallait une, qu’un positionnement pro-crypto peut peser concrètement dans une campagne.

Reste à savoir si la recette fonctionnera dans une circonscription de 60 000 électeurs irlandais, avec un candidat dont le profil tient davantage du polar que du programme économique. Réponse dans les urnes de Dublin Central le 22 mai prochain.

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DeFi, stablecoins : Bruxelles relance (déjà) le débat sur MiCA

MiCA 2.0 en gestation. À peine entré en application, le règlement européen sur les cryptoactifs se retrouve déjà sur la table d’opération. Bruxelles ouvre une consultation publique pour mesurer son efficacité, et attend les contributions jusqu’à fin août 2026. Pour rappel, MiCA (Markets in Crypto Assets) est le cadre réglementaire européen qui s’applique aux cryptomonnaies ainsi qu’à leurs émetteurs et prestataires de services. Adopté en avril 2023, il est entré en vigueur en deux temps : le 30 juin 2024 pour les stablecoins, puis le 30 décembre 2024 pour les autres cryptoactifs. Mais ce jeudi 21 mai, la Commission européenne a annoncé l’ouverture d’une consultation publique pour vérifier si MiCA reste adapté à un marché des actifs numériques qui évolue plus vite que les textes censés l’encadrer. Les citoyens européens ont jusqu’au 31 août 2026 pour faire entendre leur voix.

Les points clés de cet article :MiCA 2.0 a déjà été envisagé alors que le règlement européen sur les cryptoactifs vient à peine d’entrer en vigueur.
La Commission européenne a ouvert une consultation publique jusqu’en août 2026 pour évaluer l’efficacité de MiCA face à un marché numérique en rapide évolution.
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La Commission européenne (ré)ouvre le débat sur MiCA

L’exercice est inhabituel par sa précocité : à peine dix-huit mois après l’entrée en application complète du texte, l’exécutif européen sollicite déjà les retours des citoyens, des entreprises et des organisations sur son fonctionnement.

La consultation balaye plusieurs blocs du règlement : les règles applicables aux émetteurs de cryptoactifs, les obligations des prestataires de services (CASP), le régime spécifique des stablecoins et le volet lutte contre le blanchiment. Bruxelles veut aussi savoir si MiCA prend suffisamment en compte les innovations qui s’imposent depuis sa rédaction, comme la finance décentralisée (DeFi, dont on rappellera qu’elle a été volontairement laissée hors champ par le texte initial) et les NFT.

La Commission précise que cette consultation s’inscrit dans son programme de travail pour 2026, qui prévoit de réviser plusieurs règlements financiers pour les ajuster aux évolutions du marché. Sans remettre officiellement en cause les principes fondamentaux de MiCA, il s’agirait de vérifier que le règlement reste « efficace et proportionné ».

La Commission européenne lance sa grande consultation sur le règlement MiCA – Source : Compte X

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Un cadre pionnier, mais déjà sous tension

On rappelle que MiCA fut le premier cadre harmonisé au niveau européen pour les cryptomonnaies. Trois objectifs structurent le texte lors de son adoption : protéger les consommateurs, garantir la stabilité financière, et prévenir le blanchiment d’argent. Pour y parvenir, il impose aux acteurs du secteur des obligations d’enregistrement, de transparence et de sécurité.

Côté bénéfices, le texte a été salué comme une avancée majeure pour le marché crypto européen. Il offre une sécurité juridique inédite, renforce la protection des investisseurs et crée un véritable marché unique : un prestataire agréé dans un État membre peut opérer dans toute l’UE avec une seule licence (le fameux mécanisme de passporting).

Si la communauté professionnelle reconnaît l’utilité d’un cadre clair, elle pointe néanmoins la complexité administrative du texte et son coût de mise en conformité, jugés dissuasifs pour les structures de taille modeste. Plusieurs acteurs estiment même que MiCA freine l’innovation et entame la compétitivité européenne face aux États-Unis ou à l’Asie. La demande qui remonte est claire : plus de flexibilité, plus de proportionnalité dans l’application des règles.

La consultation pourrait donc déboucher sur des ajustements ciblés du texte, plus respectueux des spécificités du marché crypto. Mais l’inverse n’est pas exclu : Bruxelles pourrait aussi profiter de l’exercice pour durcir certaines exigences, notamment sur la supervision et le contrôle des risques. Les contributions des prochains mois pourraient donc peser lourd dans l’arbitrage.

En attendant, les acteurs du secteur restent tenus par les règles actuelles de MiCA, dont la mise en œuvre se poursuit sous le contrôle des autorités nationales et européennes. Le 19 mai dernier, l’Autorité européenne des marchés financiers (ESMA) a d’ailleurs publié un rapport sur l’état d’avancement de cette application dans les différents États membres, document qui servira lui aussi de matière première au futur chantier de révision.

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Hyperliquid domine les frais on-chain, même si le classement global est plus nuancé

Course aux revenus on-chain. Les divers frais générés restent l’un des meilleurs indicateurs de l’activité réelle des blockchains. Cette semaine, Hyperliquid (HYPE) confirme sa position dominante dans le secteur du trading de produits dérivés, tout en révélant un paysage plus fragmenté qu’il n’y paraît. Si les protocoles spécialisés brillent, les chaînes généralistes et à bas frais comme Tron (TRX) ou Canton (CC) captent également des volumes massifs de revenus.

Les points clés de cet article :
Hyperliquid confirme sa domination dans le secteur des produits dérivés avec 13 millions de dollars de frais générés en une semaine. Plus globalement, Canton Network surpasse Tron et Ethereum en générant plus de 15 millions de dollars de frais en 7 jours, révélant un paysage de l’activité on-chain complexe et diversifié.

Hyperliquid reste le leader incontesté des produits dérivés

Selon les données compilées de DeFiLlama, avec environ 13 millions de dollars de frais générés sur les 7 derniers jours au niveau protocole, Hyperliquid s’impose largement dans le domaine des contrats perpétuels. Cette performance représente une part très importante du marché des frais liés au trading à effet de levier.

Les utilisateurs paient à chaque ouverture, maintien ou fermeture de positions, ce qui crée un moteur de revenus particulièrement efficace. Positionnée comme une blockchain verticale (« vertical chain », c’est-à-dire spécialisée dans un seul cas d’usage) dédiée aux produits dérivés, Hyperliquid attire une clientèle de traders professionnels qui recherchent une infrastructure optimisée et rapide, conçue spécifiquement pour leurs besoins.

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Le Top 3 réel des frais par blockchain montre une réalité plus complexe

Au niveau de l’ensemble des frais collectés directement par les blockchains (chain fees), le classement diffère sensiblement. Canton Network (CC) domine avec plus de 15 millions de dollars sur 7 jours. Ce réseau est suivi de Tron (TRX) avec environ 7,5 millions de dollars, puis d’Ethereum avec environ 5,8 millions de dollars, et encore après, de Solana (SOL) avec près de 3,9 millions de dollars.

Tron continue de bénéficier d’une utilisation massive pour les transferts de stablecoins (notamment l’USDT de Tether), tandis que Canton tire parti d’une activité soutenue grâce à un système d’incitations puissant qui reverse une grande partie des récompenses aux applications en fonction du volume de transactions qu’elles génèrent. Ces deux blockchains génèrent des revenus solides malgré des frais par transaction souvent plus bas que sur des réseaux plus onéreux.

Ethereum conserve une place forte grâce à son écosystème DeFi diversifié : échanges, prêts, NFT et interactions de smart contracts. Le réseau Solana, quant à lui, brille par son volume élevé en memecoins et trading DEX, mais convertit moins efficacement ce volume en frais réseau en raison de ses coûts très réduits.

En résumé, Hyperliquid prouve la puissance du modèle des vertical chains (très spécialisées) et domine largement le segment des produits dérivés, mais le panorama global des frais on-chain reste dominé par un mix de géants généralistes et de ces blockchains spécialisées. Dans un marché des crypto-actifs de plus en plus mature, la spécialisation et la diversification coexistent donc, chacune capturant de la valeur à sa manière.

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