Step App débranche : Le move-to-earn enterre l’un de ses pionniers

Quatre ans de pas comptabilisés, puis l’arrêt. Step App, l’application qui récompensait l’activité physique en cryptomonnaies, cessera toutes ses opérations le 21 août. L’équipe demande aux utilisateurs de débloquer leurs tokens placés en staking, de gérer leurs positions et de retirer leurs actifs avant la fermeture des services. Le projet appartenait à la vague du « move-to-earn » apparue en 2022. Son modèle associait suivi sportif, récompenses en KCAL, gouvernance avec FITFI et NFT représentant des chaussures virtuelles.

Points clés

Step App cesse toutes ses opérations, avec une extinction complète des services au 21 août

FITFI est passé de 0,0049 dollar à l’IDO à un sommet de 0,73 dollar, soit environ 150x, avant de s’effondrer

Bithumb a délisté FITFI mi-juillet, privant le token de l’essentiel de son volume coréen

Les survivants du move-to-earn, comme STEPN GO ou Sweat Economy, ont découplé les récompenses de l’inflation de leur token

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Step App donne jusqu’au 21 août à ses utilisateurs

L’annonce met fin à quatre années d’activité. Step App avait développé autour de son application principale un portefeuille, un service de staking, un échange décentralisé, un bridge et une place de marché. Les utilisateurs pouvaient obtenir des KCAL en marchant ou en courant, tandis que FITFI servait notamment à la gouvernance et au staking.

L’équipe revendique plus d’un million de téléchargements et des milliards de pas enregistrés. Ces indicateurs d’utilisation n’ont toutefois pas suffi à assurer la continuité du projet. Step App n’a pas détaillé précisément les raisons financières ou opérationnelles de sa fermeture.

Les détenteurs doivent intervenir avant le 21 août pour débloquer leurs tokens et récupérer les actifs encore accessibles depuis l’application. Cette échéance concerne les services de Step App, mais pas nécessairement ceux des plateformes d’échange, qui appliquent leurs propres calendriers de retrait.

L’existence des tokens sur la blockchain après cette date ne garantit ni leur liquidité ni l’accès aux interfaces nécessaires pour les déplacer. Les utilisateurs doivent donc vérifier le réseau employé, les délais de déblocage du staking et les conditions de retrait de chaque plateforme.

L’équipe de Step App annonce la fermeture des services à la fin de l’été – Source : Compte X

FITFI illustre les limites du move-to-earn

La trajectoire de FITFI résume les déséquilibres du modèle. Vendu autour de 0,0049 dollar lors de son IDO, le token avait atteint environ 0,73 dollar à son sommet, soit une multiplication proche de 150. Depuis, il a perdu plus de 99 % de sa valeur.

Le fonctionnement du move-to-earn repose sur une équation difficile à maintenir. Les utilisateurs reçoivent des tokens en échange de leur activité, ce qui crée une émission régulière. Cependant, cette offre supplémentaire doit rencontrer une demande provenant de nouveaux joueurs, du staking, des achats de NFT ou d’autres usages internes. Lorsque les inscriptions et les dépenses ralentissent, les récompenses vendues sur le marché exercent une pression durable sur le cours.

Les retraits décidés par plusieurs plateformes ont encore réduit les débouchés de FITFI. Bybit a supprimé le token de son marché spot en avril. Le 16 juillet, Bithumb a également annoncé la fin de sa prise en charge, avec un arrêt des échanges programmé le 18 août. Ces décisions réduisent la liquidité disponible et compliquent la sortie des derniers détenteurs.

La fermeture de Step App ne signifie pas la disparition complète du move-to-earn. Elle montre néanmoins que l’activité physique ne constitue pas, à elle seule, une source de revenus capable de financer durablement les récompenses distribuées. Pour les détenteurs de FITFI et de KCAL, l’urgence porte désormais sur la récupération des actifs avant l’arrêt des services. Les années fastes du move-to-earn et des NFT semblent bien derrière nous.

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Stepp App : la fin des chaussures NFT à plusieurs milliers de dollars

Step App a annoncé la fermeture définitive de ses activités après quatre ans d’existence. Symbole de l’âge d’or du Move-to-Earn, l’application rejoint la liste des projets emportés par l’éclatement de la bulle NFT, quelques années après l’époque où des chaussures virtuelles s’échangeaient contre plusieurs milliers de dollars.

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Un fondateur de plateforme NFT dilapide 10 millions de dollars en jeux et en DJing

Bien mal acquis ne profite jamais. Le proverbe s’applique presque trop bien au cas de Taj Tarsha. Le fondateur de la plateforme Few and Far, censée devenir un marché décentralisé de NFT sur la blockchain NEAR, a été inculpé le 5 août par le parquet fédéral de New York pour fraude sur titres et fraude électronique. Un nouvel épisode qui vient allonger la liste déjà longue des arnaques NFT découvertes après coup, une fois l’argent des investisseurs envolé.

Les points clés de cet article :
Le fondateur de Few and Far a été inculpé pour fraude après avoir levé 10 millions de dollars sur des promesses de rendements extraordinaires.
Les fonds des investisseurs ont été détournés pour des dépenses personnelles, révélant une mascarade éloignée du développement d’un marché NFT.
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Few and Far, ou comment lever 10 millions sur une promesse de 427 % de rendement

Dès février 2022, Tarsha commence à démarcher des investisseurs via des SAFT (Simple Agreement for Future Tokens), des contrats qui font payer aujourd’hui pour un jeton livré plus tard.

Le principe : financer le développement de la plateforme et du jeton FAR en échange de rendements annuels promis jusqu’à 427 %. Un chiffre qui aurait dû, à lui seul, allumer un signal d’alarme.

De fait, ces ventes lui permettent de récolter plus de 10 millions de dollars auprès d’au moins 67 investisseurs, pour 95 millions de jetons FAR qui, à l’époque, n’existaient tout simplement pas encore. Tarsha détenait la totalité du capital de Few and Far via une entité panaméenne, seul maître à bord d’une société qui comptait pourtant deux autres cofondateurs.

L’argent des investisseurs a fini au casino, sur des cryptos spéculatives et dans un condo à Miami

Selon l’acte d’accusation du parquet fédéral, Tarsha a détourné les fonds presque immédiatement. Il s’accorde d’abord un salaire annuel de 360 000 dollars, maintenu même quand il reconnaît lui-même que l’entreprise génère un chiffre d’affaires « quasiment nul ».

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Les fonds partent ensuite dans des paris sur un casino en ligne, dans l’achat de cryptomonnaies spéculatives pour son propre compte, dans près d’un million de dollars planqués sous forme de deux bonus dissimulés aux investisseurs et à un cofondateur, dans un prêt de près d’un million pris sur la trésorerie pour financer un condominium de luxe à Miami, dans des travaux de décoration d’intérieur, et jusque dans le financement de son hobby de DJ. Difficile de faire plus éloigné du développement d’un marché NFT sur la blockchain NEAR.

Un audit qui met tout à jour, puis une fuite en avant jusqu’en 2024

En juin 2023, un audit interne finit par mettre au jour le détournement. Plutôt que d’arrêter les frais, Tarsha aurait menti aux investisseurs en affirmant que les bonus étaient liés à des objectifs de prévente atteints et que l’argent servait toujours la mission de l’entreprise.

En réalité, il avait déjà licencié la quasi-totalité du personnel et chargé le seul prestataire restant de simuler une activité de développement qui n’existait plus. Il aura tenu la mascarade encore un an, continuant de puiser dans les fonds des investisseurs pour ses achats personnels. Quand le jeton FAR finit par sortir, en mai 2024, plus de deux ans après le lancement du projet, il ne vaut déjà plus rien. Sa cotation s’arrête peu après.

Deux chefs d’accusation, 20 ans de prison chacun, et un dossier loin d’être isolé

Tarsha, 34 ans, domicilié à Miami, avait été arrêté le 6 juin dernier ; l’inculpation formelle du 5 août porte deux chefs, fraude sur titres et fraude électronique, chacun passible d’un maximum de 20 ans de prison.

Le dossier est confié au juge fédéral Lewis A. Kaplan, et la présomption d’innocence reste évidemment de mise tant que la culpabilité n’a pas été établie devant un tribunal. Le secteur des NFT, déjà retombé de très haut depuis l’euphorie de 2021-2022, cumule ce genre d’affaires. Un fondateur de projet NFT accusé d’avoir détourné plusieurs millions de dollars faisait déjà les gros titres l’an dernier. À chaque fois, des promesses de rendement intenables, un contrôle total confié à une seule personne, et des investisseurs qui découvrent la vérité une fois l’argent disparu.

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Fuite des millionnaires français : pourquoi la crypto et les grandes fortunes atterrissent au même endroit

Les rats quittent le navire. Deux rapports, deux publics différents, une même destination. D’un côté, les grandes fortunes françaises que Henley & Partners, cabinet spécialisé dans la résidence et la citoyenneté par investissement, voit filer vers des juridictions plus prévisibles. De l’autre, les entreprises crypto que la régulation européenne MiCA pousse littéralement dehors depuis le 1er juillet. Deux mouvements de capitaux, deux calendriers, deux administrations à l’origine du problème. Et pourtant, sur la carte du monde, les flèches convergent invariablement vers le même point : les Émirats arabes unis. Ce dossier reconstitue le fil complet de cette double fuite, des chiffres qui se contredisent aux quotas d’agréments qui ne mentent pas.

Les points clés de cet article :

Les Émirats arabes unis ont attiré à la fois les grandes fortunes françaises et les entreprises crypto en quête de stabilité fiscale et réglementaire.
La régulation européenne MiCA a poussé de nombreuses entreprises crypto à quitter l’Europe, renforçant l’attrait des Émirats comme destination privilégiée.

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Fuite des millionnaires : Le rapport qui fâche Bercy

Le 16 juin 2026, Henley & Partners publiait la nouvelle édition de son Private Wealth Migration Report, avec une méthodologie repensée : un score de compétitivité de mobilité patrimoniale sur 100, calculé à partir de 38 indicateurs pondérés (fiscalité, État de droit, qualité de vie, stabilité géopolitique). La France y obtient 65,7, la classant parmi les « juridictions compétitives sous pression », aux côtés de l’Allemagne, du Royaume-Uni et de la Corée du Sud. Les Émirats arabes unis, eux, culminent à 85,3, l’un des meilleurs scores du classement mondial, devant même Singapour.

Les demandes de résidence ou de citoyenneté déposées par des ressortissants français auprès du cabinet sont passées du top 40 des nationalités clientes en 2024 au top 15 en 2026. De fait, selon Guenther Dobrauz-Saldapenna, responsable Europe chez Henley & Partners :

« La France n’est pas devenue inattractive. Elle est devenue moins compétitive, précisément sur les critères que la fortune internationalement mobile pèse le plus lourdement. »

Une nuance qui change tout : ce n’est pas un exode de panique, c’est un arbitrage patient, mené par des familles qui traitent la résidence fiscale comme une ligne de portefeuille parmi d’autres.

L’édition précédente du rapport, publiée en 2025, donnait un chiffre plus brut : une perte nette d’environ 800 millionnaires français sur l’année, chacun emportant en moyenne plusieurs millions d’euros. La pression fiscale sur les hauts revenus (la contribution différentielle de 20 % qui vise les foyers au-delà de 250 000 euros annuels), l’instabilité gouvernementale chronique et la perspective récurrente d’un impôt sur la fortune façon Zucman expliquent l’essentiel de ce mouvement.

Le turn over des millionnaires

Méfions nous toutefois des chiffres. Deux semaines après Henley, le 30 juin 2026, la banque suisse UBS publiait son propre Global Wealth Report 2026. Et son verdict sur la France est, en apparence, à l’exact opposé : le pays a créé environ 35 000 nouveaux millionnaires en dollars en 2025, la plus forte progression de toute l’Union européenne, portant le total à près de 2,4 millions de résidents fortunés.

Deux rapports sérieux, deux résultats qui semblent se contredire frontalement. Sauf qu’ils ne mesurent pas la même chose. UBS compte la richesse totale détenue par des résidents français, gonflée par la hausse des marchés actions et de l’immobilier : des gens deviennent millionnaires sur le papier sans jamais quitter leur salon. Henley, à l’inverse, traque un flux beaucoup plus étroit : les grandes fortunes internationalement mobiles qui changent activement de résidence fiscale. La France s’enrichit globalement tout en perdant sa frange la plus mobile, celle qui a justement les moyens et les réseaux pour partir. Un pays peut très bien fabriquer des millionnaires par milliers pendant que ses cent ou mille plus grandes fortunes, elles, font leurs valises.

Et les cryptomonnaies dans tout ça ?

Fin octobre 2025, l’Assemblée nationale a voté, à 163 voix contre 150, un amendement transformant l’impôt sur la fortune immobilière (IFI) en un impôt élargi sur la « fortune improductive ». Au menu : Bitcoin, Ethereum, stablecoins et NFT, traités au même titre qu’un yacht ou une toile de maître, avec un taux unique de 1 % au-delà d’un seuil de patrimoine. Le Sénat a ensuite proposé sa propre mouture, avec un seuil relevé à 2,57 millions d’euros.

Aucune des deux versions n’a survécu au passage en force du 49.3. Comme nous l’expliquions en janvier, le gouvernement Lecornu a retiré ces deux dispositions de la version définitive du budget 2026, adoptée le 22 janvier.

La crypto a donc été épargnée, pas exonérée à vie : un sursis d’un exercice budgétaire, obtenu à une poignée de voix près, et que le Sénat a déjà montré qu’il pouvait faire revivre sous une forme concurrente l’année suivante. Pour un détenteur de cryptoactifs qui suit ce dossier de près, la vigilance reste de mise à chaque nouveau budget.

MiCA, le deuxième front de l’exode des millionnaires

Pendant que Paris tergiversait sur la fiscalité des particuliers, un second mouvement, cette fois entièrement réglementaire, redessinait la carte des entreprises crypto européennes. Le 1er juillet 2026 marquait la fin de la période transitoire de MiCA (Markets in Crypto-Assets), le règlement européen qui encadre le secteur. Sur les 117 plateformes françaises enregistrées sous l’ancien statut PSAN, seules 83 ont obtenu leur agrément européen dans les temps, Binance en tête des recalées, contrainte de suspendre ses services aux clients français. À l’échelle du continent, seules 244 licences MiCA avaient été délivrées fin juin, l’Allemagne en tête avec 57 agréments.

Erald Ghoos, le patron d’OKX Europe, avançait début juillet un chiffre qui donne le vertige : 80 % des entreprises crypto ne survivraient pas à MiCA. Résultat immédiat : Coinbase et OKX ont lancé une guerre de bonus, jusqu’à 8 % des dépôts transférés, pour récupérer une partie des 450 millions d’utilisateurs européens laissés en plan par Binance. Mais pour les fondateurs les plus petits, sans les reins financiers pour absorber deux ans de mise en conformité, la sortie reste souvent la seule option.

Irina Heaver, avocate chez NeosLegal à Dubaï, reçoit plus de 120 demandes par semaine de la part d’entrepreneurs voulant s’installer aux Émirats, dont la moitié venue d’Europe. « Les demandes des fondateurs européens ont explosé, confie-t-elle. Ils cherchent à déplacer eux-mêmes, leur fortune et leur potentiel intellectuel vers un pays qui les accueille à bras ouverts. » Sa formule sur l’origine du problème ne manque pas de mordant : « Quand on confie aux renards le soin d’écrire les lois qui protègent les poules, on obtient MiCA. »

Dubaï, guichet unique pour les deux fortunes

Voilà le nœud de ce dossier : les Émirats arabes unis raflent la mise des deux côtés à la fois, pour des raisons qui se recoupent sans être identiques. Côté fortune classique, c’est la destination numéro un mondiale de la migration patrimoniale depuis deux ans, portée par l’absence d’impôt sur le revenu et les gains en capital.

Côté crypto, le Crypto Wealth Report du même cabinet Henley recense 241 700 personnes détenant plus d’un million de dollars en actifs numériques dans le monde, en hausse de 40 % en un an. Zéro impôt sur le trading, le staking ou le minage, une autorité de régulation dédiée (la VARA) depuis 2022, plus de 650 entreprises blockchain installées rien qu’au sein du DMCC Crypto Centre de Dubaï, et un accès direct à un marché de quatre milliards de clients potentiels en Asie et en Afrique du Nord.

Deux flux de capitaux, deux calendriers administratifs, une seule destination qui construit patiemment son guichet unique pour la richesse mobile, qu’elle dorme dans un compte-titres ou dans un cold wallet.

Qu’est-ce qui fait fuir les millionnaires crypto ?

La lecture la plus répandue de cette actualité s’arrête généralement à l’un des deux volets : soit l’angle « riches qui fuient les impôts », soit l’angle « crypto qui fuit la régulation ». Or les deux se nourrissent du même terreau, celui d’un cadre fiscal et réglementaire français et européen jugé imprévisible, révisé à chaque exercice budgétaire au gré des rapports de force parlementaires.

Le sursis accordé à la crypto en janvier n’a rien réglé sur le fond : il a simplement montré qu’une poignée de voix suffit à faire basculer, du jour au lendemain, une classe d’actifs entière dans l’assiette d’un nouvel impôt. Tant que cette incertitude perdurera, MiCA continuera d’alimenter le même courant vers Dubaï que celui qui a déjà emporté 800 grandes fortunes classiques l’an dernier. Deux exodes, un seul port d’arrivée.

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