Crypto et IA : Apple joue son « trust premium » sur la vérifiabilité

La confiance, cet actif qu’aucun bilan ne comptabilise. Apple en a pourtant fait le cœur de sa valorisation pendant une décennie : refus de déverrouiller l’iPhone de San Bernardino en 2016, traçage publicitaire verrouillé en 2021, campagnes entières bâties sur la promesse que les données ne quittent pas la poche de l’utilisateur.

L’intelligence artificielle percute ce récit de plein fouet, parce qu’un assistant réellement utile doit lire les messages, les photos et l’agenda, puis sortir du téléphone pour calculer.

Le grand écart entre promesse et pratique inquiète les marchés. Ils exprimaient déjà leur malaise bien avant que la Silicon Valley ne se passionne pour le risque existentiel. La firme de Cupertino a répondu par un pari inhabituel pour une entreprise aussi fermée, soumettre ses propres serveurs à l’inspection publique. C’est exactement la méthode que Bitcoin et Ethereum appliquent depuis leur première ligne de code. Explications.

Points clés

Apple a construit un « trust premium » sur la vie privée, avec un coût de 10 milliards de dollars pour Meta après l’App Tracking Transparency

Private Cloud Compute inscrit chaque version logicielle dans un registre public à ajout seul, et l’iPhone refuse tout serveur non répertorié

Selon Bloomberg, Apple paierait environ un milliard de dollars par an à Google pour un modèle Gemini destiné à Siri

Les preuves à divulgation nulle de connaissance appliquées à l’IA appliquent à l’inférence la logique de vérification des nœuds Bitcoin

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Apple : un « trust premium » bâti sur la vie privée

La position n’a jamais varié depuis dix ans, et elle tient en une phrase répétée par le patron d’Apple dans à peu près toutes ses interventions publiques et qu’il dit depuis des années.

« Nous croyons que la vie privée est un droit humain fondamental. »

Tim Cook, directeur général d’Apple

Cette ligne a un coût pour les autres. L’App Tracking Transparency, le panneau qui demande à l’utilisateur s’il accepte d’être suivi d’une application à l’autre, a fait basculer l’économie publicitaire mobile en 2021. Meta avait chiffré à 10 milliards de dollars le manque à gagner attendu sur la seule année suivante.

Le « trust premium » d’Apple, prime que les investisseurs accordent à une marque en qui les clients ont confiance, s’est construit là : sur du matériel vendu cher à des utilisateurs convaincus que leurs données ne servent de carburant à personne. Un pari qui semble fonctionner puisque la capitalisation a franchi les 4 000 milliards de dollars fin octobre 2025.

L’IA oblige Apple à publier ses serveurs plutôt qu’à promettre

Quand une requête dépasse les capacités de la puce du téléphone, elle part vers Private Cloud Compute, l’infrastructure conçue par Apple pour traiter les demandes lourdes. Les machines tournent sur silicium maison, ne conservent aucune donnée après traitement et n’offrent aucun accès administrateur distant, y compris aux ingénieurs d’Apple.

Le point décisif : chaque version logicielle déployée y est inscrite dans un registre public à ajout seul, un journal où l’on peut écrire mais jamais effacer ni modifier une entrée passée. L’iPhone refuse purement et simplement de dialoguer avec un serveur dont l’empreinte n’y figure pas. L’équipe sécurité d’Apple parle de « l’architecture de sécurité la plus avancée jamais déployée pour du calcul d’IA dans le cloud à grande échelle », et a ouvert son code à l’audit des chercheurs.

Le retard pris sur l’intelligence artificielle, lui, ne s’est pas dissous pour autant. La version personnalisée de Siri a été repoussée après son annonce, l’équipe IA a été réorganisée dans la foulée, et Apple verse désormais environ un milliard de dollars par an à Google pour faire tourner un modèle Gemini de 1 200 milliards de paramètres derrière son assistant, confirmant les informations rapportées par Bloomberg.

Vendre la confidentialité tout en louant le cerveau du premier collecteur de données de la planète. L’équation est inconfortable, et les investisseurs l’ont vue avant tout le monde.

Blockchain et crypto : la vérifiabilité comme produit fini

Le registre à ajout seul, le code ouvert, l’impossibilité pour l’opérateur de modifier discrètement les règles : le vocabulaire d’Apple recoupe celui que la crypto emploie depuis 2009. Un nœud Bitcoin ne fait confiance à personne, il recalcule.

Le principe s’étend désormais à l’IA. Des équipes comme EZKL ou Giza travaillent sur les preuves à divulgation nulle de connaissance appliquées à l’apprentissage automatique, autrement dit des preuves mathématiques qu’un modèle donné a bien produit un résultat donné, sans exposer ni les données de l’utilisateur ni les poids du modèle. Akash, Render et Bittensor poussent la même logique côté puissance de calcul.

Le rapport d’Apple à la crypto, lui, s’est détendu par la contrainte judiciaire. Après la décision rendue en avril 2025 dans l’affaire qui l’opposait à Epic Games, la marque a autorisé les applications américaines à renvoyer vers des paiements externes.

Les portefeuilles et les places de marché NFT, longtemps étranglés par la commission de 30 % prélevée sur les achats intégrés, ont récupéré une marge de manœuvre qu’aucune négociation n’avait réussi à leur obtenir. Depuis, la cour d’appel du 9e circuit a partiellement rétabli le droit d’Apple à prélever une commission sur ces liens externes, et l’affaire est aujourd’hui pendante devant la Cour suprême.

Sur le terrain de la confiance, Apple a fini par chiffrer sa promesse. Jusqu’à un million de dollars pour qui parviendra à extraire les données d’une requête traitée par Private Cloud Compute. La confiance a désormais un prix affiché et un registre public pour la contrôler.

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7 000 wallets crypto vidés dans 100 pays : Le groupe de hackers nord-coréens WaterPlum inquiète le monde

Un CV trop parfait, une caméra qui reste éteinte en plein entretien. Le Japon, les États-Unis, l’Australie et l’Allemagne ont publié jeudi, via sept organismes de police, de cybersécurité et de renseignement, une alerte conjointe sur le groupe de hackers nord-coréens WaterPlum, alias « Contagious Interview ».

Le mode opératoire n’a rien de neuf. Le Journal du Coin documentait déjà en 2025 comment de faux recruteurs ciblaient les chercheurs d’emploi de la crypto avec des méthodes similaires. Ce qui change ici, c’est l’ampleur du bilan : 30 000 appareils infectés, plus de 7 000 wallets vidés, et 10,71 millions de dollars envolés vers Pyongyang en huit mois à peine, de décembre 2025 à juillet 2026.

Les points clés de cet article :
Une alerte conjointe a été publiée par sept organismes de police et de cybersécurité sur le groupe de hackers nord-coréens WaterPlum, responsable d’une vaste campagne de cyberattaques.
Le groupe WaterPlum a volé 10,71 millions de dollars en utilisant de faux entretiens d’embauche pour piéger des développeurs et vider leurs wallets crypto.
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WaterPlum : un faux recruteur, un test de code, un wallet crypto vidé

Le scénario suit un script bien rodé, détaillé dans l’alerte conjointe publiée le 18 septembre par la police japonaise, le FBI et leurs homologues australiens et allemands. Les acteurs de WaterPlum se font passer pour des recruteurs d’entreprises d’intelligence artificielle, de crypto ou de NFT, et proposent à des développeurs freelances un entretien technique ou un test de code.

Pour le réussir, la victime doit télécharger et exécuter un paquet NPM (le gestionnaire de paquets par défaut de Node.js, utilisé par les développeurs pour partager du code) piégé avec l’un des malwares BeaverTail, InvisibleFerret, OtterCookie, OtterCandy ou StoatWaffle. Rien de sophistiqué. Une fois la porte dérobée ouverte, direction identifiants de wallets, clés privées, phrases de récupération et captures d’écran, aspirées vers un serveur de commande contrôlé par le groupe.

Le document liste aussi des détails plus cocasses sur les habitudes de ces pirates. Ils consultent systématiquement des traducteurs automatiques gratuits, s’entraînent à la prononciation japonaise via synthèse vocale, et interrompent toute activité malveillante les jours fériés nord-coréens pour jouer aux jeux vidéo ou regarder du foot à la télévision.

La « laptop farm » japonaise et la candidature qui a failli tromper bitFlyer

Pour la première fois, la police japonaise a démantelé sur son sol une « laptop farm » (littéralement une ferme d’ordinateurs portables). Un intermédiaire local y héberge et pilote à distance des PC loués à des travailleurs IT nord-coréens. Plusieurs centaines de millions de yens supplémentaires ont transité par ce biais vers l’étranger, selon Jiji Press, qui datait l’annonce du 18 septembre.

L’exchange japonais bitFlyer, lui, a évité le pire de justesse. En mai 2025, un candidat à un poste d’ingénieur affirmait être né en Malaisie et résider en Finlande, avec un CV couvrant une dizaine de langages de programmation et de technologies blockchain. Mais son anglais ne collait pas avec le parcours annoncé. L’entretien vidéo a suffi à éveiller les soupçons, la candidature a été rejetée, et aucun dommage n’a été signalé.

Attribution publique : Pyongyang nommément visé par sept agences

Le document porte un nom de code, l’attribution publique, une doctrine qui consiste à nommer les groupes et agences responsables d’une cyberattaque dans l’espoir d’en dissuader de nouvelles. La NPA et le FBI estiment que WaterPlum et une partie des travailleurs IT nord-coréens opèrent sous le 313e Bureau général du département de l’industrie des munitions, rattaché au Comité central du Parti du travail de Corée, l’organe qui dirige le pays. Ces deux activités, générer des devises étrangères pour le régime et infiltrer au passage des entreprises occidentales pour en voler du code ou des données, obéissent à une seule et même filière.

Le rapport égrène aussi des consignes de bon sens pour les recruteurs et les développeurs freelances. Mieux vaut vérifier un numéro de téléphone en l’appelant, se méfier d’un candidat qui réclame un paiement en cryptomonnaies sur un compte au nom d’un tiers, ou d’un candidat qui regarde sans cesse un second écran pendant l’entretien comme s’il lisait ses réponses.

L’alerte remercie explicitement NTT Security Japan et bitFlyer pour leur coopération. La chasse se joue désormais autant côté entreprises que côté agences gouvernementales.

Le Journal du Coin racontait en août comment un développeur singapourien avait laissé filer 11,8 millions de dollars après un faux entretien LinkedIn, avec les mêmes malwares et le même scénario en trois actes (recruteur, test de code, porte dérobée). Sept organismes de quatre pays donnent enfin un nom et un numéro à cette mécanique. Pyongyang, lui, continuera probablement d’en changer l’emballage.

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Qu’est-ce que le wash trading ? La minute trading

Se vendre à soi-même, encore et encore. Le wash trading consiste à acheter et vendre le même actif à soi-même, ou entre complices, pour gonfler artificiellement les volumes et simuler un marché vivant. Aucun risque pris, aucun transfert réel de propriété, juste du bruit dans le carnet d’ordres et de belles statistiques en vitrine. La pratique est interdite sur les marchés régulés depuis près d’un siècle, le Commodity Exchange Act américain la bannissait dès 1936. La crypto, elle, a longtemps servi de terrain de jeu grandeur nature.

Les points clés de cet article :

Le wash trading a permis de gonfler artificiellement les volumes sur les plateformes crypto, créant l’illusion d’un marché dynamique.
En 2019, le rapport Bitwise a révélé que 95 % des volumes bitcoin déclarés étaient fictifs, choquant le monde de la finance.

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Le wash trading, définition d’un volume qui ment

La mécanique tient en trois lignes. Un trader place un ordre d’achat et un ordre de vente identiques, qui se croisent entre ses propres comptes. Le prix ne bouge presque pas, mais le volume affiché grimpe. Répétez l’opération des milliers de fois par des robots et une plateforme moribonde ressemble soudain à une place financière florissante. Pourquoi tricher ? Parce que le volume attire tout, les traders, les classements, les listings de tokens facturés aux projets, et jadis les agrégateurs de données qui triaient les plateformes par activité.

La victime est toujours la même. Le trader qui croit entrer sur un marché liquide et découvre, au moment de vendre, que la profondeur affichée n’existait pas.

Le circuit fermé du wash trading. Schéma : Journal du Coin

2019, le rapport Bitwise : 95 % de volumes fantômes

Le cas d’école est un pavé dans la mare devenu classique. En mars 2019, le gérant d’actifs Bitwise présente à la SEC, le gendarme boursier américain, une étude qui analyse 83 plateformes crypto, reprise par CNBC : environ 95 % du volume bitcoin déclaré à l’époque était fictif ou non économique. Seules dix plateformes affichaient des volumes jugés réels, ne représentant que 5 % du total annoncé, comme le détaille le mémo conservé par la SEC. Le chiffre a fait le tour du monde en quelques heures.

L’ironie du dossier vaut le détour. Bitwise ne cherchait pas à enfoncer la crypto, mais à convaincre le régulateur que le vrai marché, une fois nettoyé de ses volumes fantômes, était sain et organisé. Depuis, agrégateurs et plateformes ont fait un ménage considérable. Le réflexe de méfiance, lui, doit rester.

Détecter le wash trading en tant que trader particulier

Quelques réflexes suffisent à éviter le gros des pièges. Méfiez-vous d’un volume énorme adossé à un carnet d’ordres squelettique, avec un écart achat-vente large, c’est l’empreinte digitale du trucage. Comparez les volumes d’une même paire entre plusieurs plateformes de référence. Et sur les marchés de niche, memecoins fraîchement listés ou NFT en tête, considérez les volumes annoncés comme de la publicité jusqu’à preuve du contraire. Les agrégateurs sérieux publient désormais des scores de confiance par plateforme, servez-vous-en avant de déposer le moindre euro.

Élargissons. Le wash trading a jadis fait les beaux jours des bucket shops américains des années 1920, avant d’être banni des bourses classiques, et la crypto rejoue cette histoire en accéléré, régulation comprise, MiCA en Europe s’attaquant précisément aux abus de marché. Les volumes mentent parfois. Le stock d’engagements réels, lui, se lit ailleurs, du côté de l’open interest.

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Bitcoin : Il donne 100 dollars à un cerveau de mouche pour trader du BTC

Bzz, bzz. Le monde de la finance a vu défiler des traders surdoués et des gourous du day-trading. Tous persuadés d’avoir trouvé la martingale. Voici son petit dernier, une mouche qui n’a jamais volé de sa vie. Alex Wormuth (alias @nftechie_ sur X) l’a présentée le 10 septembre. Il a branché le connectome d’une drosophile sur un compte de trading Bitcoin. Et lui a offert des neurones à dopamine en guise de moniteur de performance. Son post a dépassé les 2,2 millions de vues en quelques heures, entre curiosité scientifique et défilé de memes. Cette manie de confier des marchés à des agents IA autonomes sur Coinbase ne date pas d’hier. Mais rarement l’agent en question aura eu des ailes.

Les points clés de cet article :
Un projet innovant a connecté le cerveau d’une mouche à un compte de trading Bitcoin, suscitant un intérêt viral avec plus de 2,2 millions de vues.
Le projet, bien que fascinant, n’a pas encore démontré de gains rentables, soulignant les défis de l’apprentissage automatique sur les marchés financiers.
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Comment on apprend à un cerveau de mouche à spéculer sur le Bitcoin

Le projet s’appelle stonkfly. « Stonk » est l’argot financier d’internet pour une action qui s’envole, « fly » désigne la mouche. Publié en open source sur GitHub, le projet en dit bien plus long que les dix secondes du post viral. C’est ce post qui l’a fait connaître.

Sa base est MaleCNS v1.0, le graphe neuronal complet d’une mouche mâle adulte. Il reconstitue numériquement 166 700 neurones et 25,6 millions de connexions. Un cerveau plus étoffé, au fond, que celui de bien des comptes anonymes donnant des conseils crypto sur X. Les cours du Bitcoin sont convertis en petites images de graphique, façon test de Rorschach. Elles stimulent 3 335 entrées de luminosité et 811 entrées de couleur, imitant les photorécepteurs de l’insecte.

Un module de lecture fixe traduit l’activité neuronale qui en résulte en trois ordres possibles. Acheter, vendre, ou ne rien faire. Les ordres passent, eux, par Coinbase AgentKit, la boîte à outils que l’exchange propose depuis 2024. Elle permet de brancher des agents IA sur de vrais marchés.

I gave the fly brain $100 to trade bitcoin.

Dopamine neurons are stimulated when the fly makes profit. Neuron activity controls buy/sell decisions and makes trades on coinbase.

Will the fly get rich? pic.twitter.com/XVWSFattGu

— Alex Wormuth (@nftechie_) September 10, 2026

Cette mouche trade du Bitcoin avec plus de discipline que la plupart des traders

Chaque profit en Bitcoin déclenche une décharge chez 15 neurones à dopamine identifiés (PAM11). À l’inverse, chaque perte active deux cellules dopaminergiques aversives (PPL101). Un système de motivation finalement assez proche de celui de n’importe quel trader humain. Un trader rivé à son graphique à 3 heures du matin. Sauf que cette mouche-là n’a pas de groupe Telegram pour se plaindre. Ce signal modifie des connexions synaptiques précises, une règle de mémoire. Wormuth lui-même la qualifie de « candidate » plutôt que de miracle validé.

Et la prudence ne s’arrête pas là. La documentation du projet fixe un plafond de 10 dollars par ordre, frais compris. Elle limite aussi les trades à 24 tentatives maximum par jour, sans short ni effet de levier. Un seuil de perte de 20 dollars coupe les nouveaux ordres, sans liquider les positions déjà ouvertes. Ni bonus de fin d’année, ni RTT, ni café le matin : voilà un trader sans exigences.

La mouche a le CV taillé pour ce poste. Le tout tourne même par défaut en paper trading, sans connexion à un compte réel. La ligne la plus honnête du dépôt GitHub tient en une phrase. « L’apprentissage rentable n’a pas été démontré. » Une mouche prudente, pas un virtuose de la finance.

Après Doom et Mario 64, la mouche découvre le grand frisson du Bitcoin

Un simple maillon dans une saga bien plus large. Publié début septembre dans la revue Cell, le connectome MaleCNS v1.0 couronne un long travail scientifique. Il est signé par les équipes de Google Research et du HHMI Janelia Research Campus. La méthode associe imagerie en tranches, réseaux de neurones convolutifs et vérification humaine. À peine le graphe publié, les développeurs s’en sont emparés pour lui faire jouer à peu près n’importe quoi. Doom d’abord. Deux neurones moteurs y gèrent tir et déplacement, pendant qu’une décharge de dopamine punit chaque dégât reçu.

Puis Super Mario 64. La mouche de la développeuse Jessica Paquette y passe le plus clair de son temps à foncer dans les murs. Sans le moindre power-up pour se consoler. Wormuth reconnaît d’ailleurs, documentation à l’appui, qu’une version antérieure de son bot Doom a échoué. Elle n’a pas passé ses propres tests de validation. Le Bitcoin n’était donc que l’étape suivante d’un jeu déjà bien rodé. Un mode « live » existe bien, via l’option live du dépôt GitHub, plafonné à 100 dollars avec les mêmes garde-fous. Par défaut, la mouche continue toutefois de trader en paper trading.

Le lycéen, lui, a vraiment gagné de l’argent

Mais la comparaison s’arrête vite. À l’été 2025, un lycéen avait lui aussi démarré avec 100 dollars, pour un bot de trading ChatGPT. Selon son propre bilan publié sur Reddit, il a engrangé 23,8 % de gain en quatre semaines.

Le Russell 2000, lui, plafonnait à 3,9 % sur la même période. La mouche de Wormuth, elle, ne trade que quelques dollars fictifs en paper trading, derrière trois lignes de garde-fous. Et son propre créateur l’admet noir sur blanc : aucun gain rentable n’a été démontré au 10 septembre 2026. L’intelligence artificielle a mille visages sur les marchés, du lycéen bricoleur au connectome d’insecte. Certains diront qu’à défaut de battre le marché, cette mouche bat déjà tous les stagiaires de la finance en assiduité. Elle ne dort jamais, ne rate jamais un jour de bourse et ne prend jamais de pause déjeuner.

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Crypto : l’Inde ordonne le blocage de 15 plateformes offshore

Quinze noms sur la liste noire de New Delhi. L’unité de renseignement financier du ministère indien des Finances (FIU-IND) a notifié quinze plateformes crypto offshore. Motif : non-respect de la législation antiblanchiment. Weex, Blofin, Rezorex, Bitunix, DigiFinex, Toobit, XT.com, Latoken, WOO X, Pionex, ChangeNow, SimpleSwap, FixedFloat, WhiteBIT et Guardarian servaient des utilisateurs indiens sans s’être jamais enregistrées auprès du régulateur.

L’agence réclame en parallèle le retrait de leurs applications et le blocage de leurs adresses web. Objectif : couper l’accès public. La même procédure avait déjà balayé neuf exchanges internationaux fin 2023, avec Binance et KuCoin en tête de liste.

La FIU-IND vise 15 plateformes crypto offshore (Weex, Blofin, WhiteBIT, Pionex, ChangeNow…) et exige le retrait de leurs applications

Le PMLA impose depuis mars 2023 un enregistrement à tout prestataire servant des utilisateurs indiens

Binance, KuCoin, Bybit et Coinbase sont toutes revenues sur le marché indien après amende et enregistrement auprès de la FIU

La fiscalité crypto indienne pousse chaque année des milliards de dollars de volumes vers l’offshore, selon l’Esya Centre

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Crypto et blanchiment : le PMLA s’applique bien au-delà des frontières indiennes

La procédure s’appuie sur le Prevention of Money Laundering Act (PMLA), la loi indienne contre le blanchiment de capitaux. Depuis mars 2023, son périmètre couvre les prestataires de services sur actifs numériques virtuels (VDA, pour virtual digital assets). Cette catégorie juridique regroupe en Inde les cryptomonnaies et les NFT. Enregistrement auprès de la FIU, déclarations d’opérations suspectes et conservation des données s’imposent à toute plateforme qui touche un client indien. Aucune présence physique requise, a précisé le ministère des Finances.

La liste ne se limite pas aux exchanges classiques. ChangeNow, SimpleSwap, FixedFloat et Guardarian sont des services de swap instantané ou des rampes d’accès fiat, utilisables sans compte et avec une vérification d’identité minimale. En clair, New Delhi vise l’activité réellement exercée plutôt que l’étiquette affichée par le service, ce qui élargit d’un coup le champ des acteurs concernés.

L’agence a accompagné ses notifications d’un avertissement aux investisseurs indiens.

« Les produits crypto et les NFT ne sont pas régulés en Inde, et les transactions peuvent n’offrir aucun recours réglementaire en cas de pertes.»

Communiqué de la FIU-IND, unité de renseignement financier du ministère indien des Finances

De Binance à Bybit, le péage de l’enregistrement

Le scénario a déjà été joué. En effet, fin 2023, la FIU avait adressé des mises en demeure à neuf exchanges offshore, parmi lesquels Binance, KuCoin, Huobi, Kraken, Gate.io, Bittrex, Bitstamp, MEXC et Bitfinex. Leurs applications ont disparu des magasins indiens quelques semaines plus tard, avant que les négociations ne s’ouvrent une à une.

Binance a retrouvé le marché en 2024 après avoir réglé une amende de 2,25 millions de dollars. KuCoin s’en est tirée pour environ 41 000 dollars et un enregistrement en bonne et due forme. Bybit a suspendu ses services en Inde en janvier 2025 le temps de finaliser son dossier, avant de rétablir l’accès complet à son application neuf mois plus tard. Coinbase a rouvert les inscriptions aux utilisateurs indiens une fois inscrite au registre, fin 2025. Bref, toujours le même motif. Aucune de ces plateformes n’a quitté durablement le pays. Ainsi, les quinze nouvelles ciblées connaissent déjà la marche à suivre : payer l’amende, puis déposer un dossier auprès de la FIU.

Fiscalité crypto : l’Inde alimente elle-même l’exode vers les plateformes crypto offshore

L’attrait de ces plateformes non enregistrées tient d’abord à la note fiscale. Depuis juillet 2022, les plus-values crypto subissent en Inde un impôt forfaitaire de 30 % sans imputation possible des pertes. Une retenue à la source de 1 % (TDS) frappe chaque cession, ce qui rend le trading actif structurellement perdant sur les plateformes domestiques. Résultat : la fiscalité indienne fait fuir 6,1 milliards de dollars par an vers l’offshore, calcule l’Esya Centre. En face, seulement 52 millions de dollars de taxes perçues chaque année.

Les utilisateurs indiens n’ont pas déserté pour autant. Le pays occupe la première place de l’indice mondial d’adoption crypto de Chainalysis depuis trois éditions consécutives. Une adoption portée par une population jeune et par des échanges de pair à pair difficiles à recenser. Par ailleurs, retirer une application d’un magasin déplace le trafic vers un VPN ou un site miroir, hors de portée du fisc comme des radars de la FIU.

Cependant, Washington emprunte la trajectoire inverse. L’OCC, régulateur bancaire fédéral américain, a validé sous conditions les agréments de banque de confiance de Circle, Ripple, BitGo, Fidelity Digital Assets et Paxos en décembre 2025. Il a ensuite ouvert la porte à Crypto.com et à Bridge, la filiale crypto de Stripe, début 2026. Block, la société de Jack Dorsey derrière Square et Cash App, y a déposé à son tour un dossier pour Builders Bank & Trust. L’établissement ne prendrait ni dépôts ni crédits. Il se consacrerait à la conservation de bitcoins et au règlement en stablecoins, adossé aux 10,7 milliards de dollars de volume Bitcoin traités par le groupe en 2025.

Enfin, faute de loi dédiée aux actifs numériques, la FIU reste le seul guichet pour les plateformes qui visent les dizaines de millions d’Indiens détenteurs de cryptomonnaies. Ces derniers sont déjà pressurés par une fiscalité crypto parmi les plus dures au monde. Le document de consultation promis par le ministère des Finances n’a toujours pas été publié. Les notifications antiblanchiment font, en attendant, office de politique publique.

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Crypto : Le faux GTA 6 qui siphonne votre portefeuille

La copie est presque parfaite. Le site reprend l’apparence d’une page de fans consacrée à GTA 6, jusqu’aux visuels officiels et aux informations exactes sur sa sortie. Entre deux tuiles de gameplay, il propose d’acheter une copie « leakée » du jeu pour 50 dollars, ou pour 1 SOL, environ 102 dollars. Mais les internautes qui connectent leur portefeuille et valident la transaction risquent de perdre bien davantage : le code prépare le transfert de leurs actifs au lieu de facturer le prix annoncé.

C’est la troisième déclinaison de l’arnaque GTA 6 repérée cette année par l’éditeur d’antivirus Malwarebytes. La première vendait des « accès anticipés » à plusieurs centaines de dollars en cryptomonnaies, la deuxième déguisait un infostealer en démo jouable. Celle-ci charge un wallet drainer dès l’ouverture de la page, autrement dit un code conçu pour siphonner les actifs d’un portefeuille si son propriétaire valide la transaction ou l’autorisation proposée.

Points clés

Un faux site de fans GTA 6 propose une copie « leakée » à 50 dollars ou 1 SOL, mais charge un wallet drainer dès l’ouverture de la page

Le script de 2,4 Mo cible sept réseaux (Ethereum, Polygon, BNB Smart Chain, Avalanche, Arbitrum, Base, Fantom) et demande transferts ou approbations de tokens et NFT

Un paramètre nommé CIS_Protection bloque les visiteurs de dix pays de l’ex-URSS, une convention classique de l’outillage criminel russophone

La connexion du wallet ne vole rien : le danger se situe à l’écran de signature, où il faut refuser tout transfert du solde entier ou toute demande d’accès durable

Dimanche 6 septembre à 20h, le trader pro de Steady Lads décrypte le marché en direct. Au programme : une Master Class sur la lecture des graphiques, une analyse technique des principaux actifs et une séance de questions ouvertes avec celui qui pilote le portefeuille. Accès libre, dans la limite de 500 inscrits.




Un décor irréprochable, une boutique bâclée

La partie vitrine ne souffre d’aucun défaut évident, selon les constatations des experts de Malwarebytes. Compte à rebours vers le 19 novembre, carte de Leonida, grille d’informations conforme aux annonces de Rockstar : sortie sur PlayStation 5 et Xbox Series X|S, aucune version PC au programme. Le copier-coller est propre, parce qu’il provient de sources légitimes.

Le discours commercial, lui, se contredit à chaque paragraphe. Le pied de page affirme que le site « ne propose aucun achat, téléchargement ni paiement d’aucune sorte », deux centimètres sous deux boutons de paiement. L’encart d’inscription à la newsletter s’intitule « Get notified. Not scammed. » La grille annonce un jeu réservé aux consoles quand la FAQ promet un téléchargement PC après achat, et jure qu’aucun prix n’a été confirmé alors que les précommandes officielles sont ouvertes depuis juin. Le mot « download » y est écorché, et une ligne parle de GTA IV au lieu de VI.

Entre ces approximations, une manœuvre bien rodée : la page prévient que tous les autres sites proposant du contenu « leaké » sont des arnaques, et qu’elle constitue le seul endroit sûr pour acheter. Dénoncer les escrocs concurrents reste la façon la plus économique de désarmer un visiteur déjà méfiant.

Le scénario tient debout parce qu’une véritable fuite a eu lieu. En septembre 2022, quatre-vingt-dix vidéos de gameplay pré-alpha issues des systèmes internes de Rockstar avaient été publiées par un adolescent affilié au groupe Lapsus$. Deux reports successifs ont depuis déplacé la sortie de l’automne 2025 au 26 mai 2026, puis au 19 novembre. Chaque décalage allonge d’autant la fenêtre d’exploitation offerte aux faussaires.

Les alertes de Malwarebytes sont reprises par la presse spécialisée – Source : Compte X

Un drainer proposé comme service, avec sa liste d’exclusion

Deux morceaux de code cohabitent sur la page, de facture très différente. Le premier, écrit en dur dans le HTML, vise les portefeuilles Solana. Il ne facture jamais le prix affiché : il lit le solde, laisse de quoi payer les frais de réseau et prépare le transfert de tout le reste vers l’adresse 21iWU6FJWJ9FKKz4Jek2CyTh2x1fqs5jawjrNgE3nHjN. Le « 1 SOL » du bouton n’entre dans aucun calcul.

Le second est un script de 2,4 Mo autrement plus ambitieux. Il embarque une bibliothèque légitime de connexion de wallets, largement utilisée sur le web, à laquelle a été greffé le code malveillant : inventaire des actifs, valorisation en dollars, transmission du profil à l’opérateur, puis récupération des transactions à faire signer à la victime. Sept réseaux sont couverts : Ethereum, Polygon, BNB Smart Chain, Avalanche, Arbitrum, Base et Fantom, avec reconnaissance des principaux stablecoins.

La nuance technique décide de tout. Un transfert emporte les fonds sur-le-champ. Une autorisation ne déplace rien dans l’immédiat : elle accorde à un tiers la possibilité de transférer ultérieurement des tokens ou des collections de NFT, tant que leur propriétaire ne l’a pas révoquée. Le script gère les deux scénarios et ajuste ses demandes au contenu du portefeuille.

Avant même d’afficher le bouton de connexion, il télécharge sa configuration depuis le serveur de l’opérateur et géolocalise le visiteur par son adresse IP. Dix pays déclenchent un message « This website is unavailable in your region » suivi d’une redirection vers une page blanche : Arménie, Azerbaïdjan, Biélorussie, Kazakhstan, Kirghizistan, Moldavie, Russie, Tadjikistan, Turkménistan et Ouzbékistan.

Épargner cet ensemble de pays de l’espace postsoviétique est une convention ancienne dans certains outils criminels, généralement interprétée comme une précaution vis-à-vis des polices locales. Dans le code, le paramètre porte un nom sans ambiguïté : CIS_Protection.

« Nous ne tirerions pas de conclusions sur l’identité des responsables à partir d’une simple liste de pays. Celui qui a construit cet outil a pris une décision délibérée sur les gens qu’il acceptait de dépouiller, et il a inscrit cette décision dans un fichier de configuration. »

Stefan Dasic, Senior Malware Research Engineer et responsable technique de la protection web chez Malwarebytes ThreatLabs – Source : www.malwarebytes.com

Le reste de la panoplie suit : détection des navigateurs automatisés employés par les scanners de sécurité, extinction des messages de la console, entraves aux outils de développement, adresses de serveurs dissimulées. Surtout, l’adresse Solana inscrite dans la page n’apparaît nulle part dans le gros script, qui récupère à distance un identifiant d’opérateur et ses réglages sur une infrastructure fabriquant également les transactions présentées aux victimes.

Changer le bénéficiaire des vols ne demande donc pas de toucher au site. Plusieurs indices suggèrent un drainer proposé comme service à différents opérateurs, même si Malwarebytes n’a pas identifié précisément l’outil utilisé. Les deux domaines relevés, centrodigestionedellarapina[.]life et dasunerforschtelandamendederwelt[.]sbs, appartiennent à l’infrastructure malveillante analysée.

Le modèle rapporte : Scam Sniffer chiffrait à près de 494 millions de dollars les pertes infligées par ces kits sur la seule année 2024, à plus de 330 000 adresses.

Même Anonymous met en garde sa communauté contre les malwares liés à la sortie de GTA 6 – Source : Compte X

L’écran de signature, dernière barrière avant la perte

Connecter son wallet ne donne rien à personne. La connexion expose une adresse publique, pas les fonds qui y sont déposés. Tout se joue à l’écran suivant, celui où le portefeuille réclame une signature.

Phantom simule chaque transaction avant validation et affiche en langage clair ce qui va se produire, avec une alerte lorsque l’opération paraît suspecte. MetaMask et Rabby proposent également des outils de simulation et des avertissements de sécurité. Aucun de ces garde-fous ne résiste pourtant à un clic réflexe sur « Confirmer ».

Deux signaux suffisent à tout arrêter. Une transaction qui déplace la totalité ou la quasi-totalité du solde là où l’on attendait 1 SOL. Et toute demande d’approbation, d’autorisation ou d’accès aux tokens et aux NFT : une boutique qui vend un jeu vidéo n’a aucune raison de réclamer une permission durable sur une collection.

Pour ceux qui ont déjà connecté leur portefeuille, l’ordre des opérations compte. Il faut d’abord révoquer les autorisations accordées, via un outil multichaîne comme Revoke.cash, l’outil d’Etherscan pour Ethereum ou l’explorateur correspondant au réseau utilisé. Se déconnecter du site ensuite, sachant que cette action n’annule aucune permission déjà signée. Vérifier enfin le contenu du wallet, tokens et NFT, sur chacune des chaînes utilisées.

Si des fonds sont partis, ou si une seed phrase a été saisie quelque part, le reste doit rejoindre un portefeuille neuf. Le code analysé ne demande ni n’expose la phrase de récupération, mais toute saisie manuelle constitue une compromission distincte. Un transfert exécuté, lui, ne se rembobine pas.

Dernier réflexe, signaler l’adresse réceptrice à son fournisseur de wallet et à un service public de signalement, puis ignorer les messages providentiels des « récupérateurs de fonds » qui se manifestent dans les heures suivantes. Promettre le rapatriement de cryptos volées contre commission, c’est souvent la seconde arnaque servie à la même victime.

GTA 6 sortira le 19 novembre sur PlayStation 5 et Xbox Series X|S, via les boutiques que les joueurs utilisent déjà, et Rockstar ne demande à personne de connecter un portefeuille crypto. Faute de version PC annoncée, toute page promettant un téléchargement PC après paiement se disqualifie avant même d’afficher son bouton de connexion. Soyez prudents, les escrocs vont sûrement continuer de surfer sur l’enthousiasme général à quelques mois de la sortie d’un jeu très attendu.

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Premier League : 13,5 millions de dollars gelés dans une enquête visant un partenaire de Sorare

Onze millions de livres à l’arrêt, aucune inculpation. Depuis janvier 2025, une ordonnance prise au titre du Proceeds of Crime Act, la loi britannique sur les produits du crime, bloque 13,5 millions de dollars logés sur des comptes de la Premier League. Les enquêteurs cherchent à établir si cet argent présente un lien avec des faits criminels reprochés à un tiers, gravitant autour de Sorare, la pépite française du fantasy football en NFT.

Selon les éléments connus, l’enquête ne vise ni le championnat anglais ni la société parisienne, mais un partenaire de cette dernière. Le gel porte sur l’argent, pas sur ceux qui le détiennent. Une nuance que le droit britannique assume pleinement, et qui explique qu’une ligue de football pesant plusieurs milliards se retrouve avec une partie de sa trésorerie immobilisée depuis dix-huit mois.

Points clés

Une ordonnance prise au titre du Proceeds of Crime Act bloque 13,5 millions de dollars sur des comptes de la Premier League depuis janvier 2025.

Les enquêteurs cherchent un lien entre ces fonds et des faits criminels reprochés à un tiers lié à Sorare : ni la ligue ni la société française ne sont poursuivies.

Un gel de comptes britannique ne peut excéder deux ans, avec une échéance en janvier 2027 : confiscation civile devant un juge ou restitution des fonds.

Les sommes visées sont des dépôts bancaires classiques, pas des cryptos, alors que Londres dispose depuis 2024 de pouvoirs distincts pour saisir des actifs numériques.

Dimanche 6 septembre à 20h, le trader pro de Steady Lads décrypte le marché en direct. Au programme : une Master Class sur la lecture des graphiques, une analyse technique des principaux actifs et une séance de questions ouvertes avec celui qui pilote le portefeuille. Accès libre, dans la limite de 500 inscrits.




Un gel de comptes n’est pas une accusation

L’ordonnance de gel de comptes, ou account freezing order, relève de la partie 5 du Proceeds of Crime Act de 2002, complétée par le Criminal Finances Act de 2017. Le mécanisme est d’une efficacité brutale : un officier habilité, police, National Crime Agency ou administration fiscale, saisit une magistrates’ court et obtient le blocage des sommes déposées sur un compte bancaire.

« Des motifs raisonnables de soupçonner que les sommes détenues sur le compte constituent des biens recouvrables ou sont destinées par une personne à être utilisées dans une conduite illicite. »

Proceeds of Crime Act 2002, section 303Z1, telle qu’introduite par le Criminal Finances Act 2017 – Source : Coindesk

Aucune poursuite pénale n’est requise, et le niveau de preuve exigé se situe très en dessous de celui d’un procès. Surtout, le titulaire du compte n’a pas besoin d’être soupçonné : il suffit que l’argent, lui, le soit. La Premier League occupe donc la position inconfortable du réceptacle, pas celle du prévenu.

Le compteur n’est pas infini pour autant. Le gel est prononcé pour six mois, renouvelable, sans jamais pouvoir dépasser deux ans au total. Passé ce délai, les autorités doivent lancer une procédure de confiscation civile devant un juge ou rendre l’argent. L’ordonnance datant de janvier 2025, l’échéance ultime tombe en janvier 2027.

La société française de fantasy football est impliquée de (très) loin dans cette affaire – Source : Compte X

Sorare, de 4,3 milliards de valorisation aux radars réglementaires

Fondée en 2018 par Nicolas Julia et Adrien Montfort, Sorare a bâti un jeu de fantasy football où chaque carte de joueur est un NFT échangeable, hébergé sur StarkEx, une solution de seconde couche d’Ethereum. En septembre 2021, la startup encaisse 680 millions de dollars menés par SoftBank Vision Fund 2, pour une valorisation avoisinant 4,3 milliards de dollars, l’un des plus gros tours de table jamais bouclés par une jeune pousse française.

Suivent les licences : plus de 300 clubs sous contrat, une extension vers la MLB puis la NBA, et un accord pluriannuel avec la Premier League en 2023, qui ouvre l’accès aux images des joueurs du championnat le plus riche de la planète. La suite a été moins flatteuse. L’effondrement du marché NFT à partir de 2022 a laminé les volumes d’échange, imposé des réductions d’effectifs, et laissé le statut juridique du produit en suspens.

En France, l’Autorité nationale des jeux a longtemps hésité entre jeu d’argent et collection numérique, jusqu’à la création par la loi SREN d’un régime expérimental dédié, les JONUM (jeux à objets numériques monétisables), limité à trois ans et taillé pour ce type d’usage. L’affaire britannique se joue sur un autre terrain : non plus la nature du produit, mais l’origine des fonds issus du partenariat commercial.

Des comptes bancaires gelés, pas des wallets

Détail qui a son poids : les 13,5 millions de dollars sous scellés ne dorment pas dans un wallet, mais sur des comptes bancaires classiques. La suspicion est née des circuits bancaires traditionnels, ceux qui réclament des mois d’enquête, une ordonnance judiciaire et des réquisitions pour reconstituer un cheminement que n’importe quel explorateur de blocs affiche gratuitement en quelques clics.

Le Royaume-Uni s’est d’ailleurs doté d’outils symétriques pour les actifs numériques. Depuis avril 2024, les dispositions de l’Economic Crime and Corporate Transparency Act permettent à la police et à la National Crime Agency de geler et de saisir des cryptomonnaies, y compris détenues chez un exchange, sans arrestation ni condamnation préalable. Ces pouvoirs n’ont pas été mobilisés ici : l’argent visé est du dépôt bancaire, en livres sterling.

Pour la Premier League, la facture n’est pas comptable. Onze millions de livres représentent moins de 0,5 % des quelque 3 milliards redistribués chaque saison à ses vingt clubs. L’enjeu est contractuel : la vérification des partenaires commerciaux, la traçabilité des redevances de licence, l’exposition à des flux dont l’origine n’avait pas été passée au crible. D’ici janvier 2027, les enquêteurs devront trancher entre une action en confiscation devant le juge civil et un simple virement de retour.

Steady Lads, c’est la communauté privée du Journal du Coin : un trader pro y gère un portefeuille crypto et partage chaque position en temps réel, avec ses raisons d’entrer, de sortir et d’attendre. Analyses hebdomadaires, salon d’échange et lives réguliers.




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Crypto : OpenSea intègre les NFT Solana plus de quatre ans après sa bêta

OpenSea remet les NFT Solana au centre de sa stratégie crypto plus de quatre ans après une première tentative ratée. La marketplace permettra de nouveau d’acheter, vendre et échanger des collections Solana. Le lancement n’était pas encore actif lors de l’annonce du 31 août, mais OpenSea prévoit son ouverture cette semaine. Mad Lads, Claynosaurz et plusieurs autres collections doivent être disponibles dès le départ.

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